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dimanche 1 novembre 2015

Championnat du monde de sudoku 2015 – Sofia

Une courte nuit de sommeil après la finale du GP de sudoku (beaucoup de bruits dans l'hôtel cette nuit-là, des portes qui claquent jusqu'à 3 heures du matin, puis une alarme d'ambulance à l'arrêt qui sonne pendant plus de 30 minutes à 4h...), la première journée du WSC (World Sudoku Championship) pointe son nez. Et quelle journée : 4 rounds individuels le matin – 2 rounds individuels et un round par équipe l'après-midi, pour une durée totale de 5h30 de jeu. Bien plus qu'un échauffement ! Ceux qui visent une place parmi l'élite mondiale devront se mettre tout de suite dans le rythme.
Et ça commence par le traditionnel round de sudoku classique :

Round 1 – Classics – 30 minutes


12 sudoku classiques à résoudre en 30 minutes. Me sachant un peu faible sur ce genre de round, je m'efforce de prendre d'emblée un rythme de résolution élevée, tout en gardant un concentration maximale pour ne pas faire d'erreur. Caramba, encore raté ! Une erreur sur un sudoku à 25 points, que je n'arrive pas à corriger...
Je termine ce round à la 27ème place, j'ai encore des progrès à faire dans ce domaine. 5 joueurs terminent dans les temps, les deux plus rapides étant Kota Morinishi et Vincent Bertrand. Néanmoins ce round est moins catastrophique qu'il eut pu l'être les dernières années pour moi et je sais que la compétition est encore longue.

Round 2 – Assorted – 50 minutes


J'attendais beaucoup de ce round, composé surtout de variantes connues, jusqu'à ce que soit publié le livret d'instruction final avec la distribution des points, 3 jours avant la compétition. Avant cette échéance, je m'attendais à ce que le 1234 sudoku, grille qui est difficilement classable dans la catégorie sudoku, soit un puzzle facile, c'est à dire ne dépassant pas les ~40 points, et que je pourrais dans le pire des cas le laisser de côté sans que mon score soit pénalisé. Mauvaise surprise quand je découvre que c'est la grille la plus cotée de ce round, avec 95 points. Il sera plus difficile de tabler sur la non-résolution de cette grille, ou sur le fait que la perte de temps ne sera pas grande en la résolvant sans préparation. Je profitai donc du samedi après-midi pluvieux à Sofia deux jours avant la compétition pour créer une gille d’entraînement et me concentrer sur les techniques nécessaires pour maîtriser cette grille. Bonne décision car le jour de la compétition, ayant préféré tacler le cube et l'irrégulier, que je n'ai pas bien senti après une courte approche d'environ 30 secondes, je me vois contraint de me lancer dans ce 1234 sudoku. Avec une bonne concentration, je le résous finalement sans trop de problème. Dans les quelques minutes restantes, j'essaie de grappiller encore quelques points en résolvant un sudoku classique. Il me manque malheureusement moins de 5 secondes pour la terminer en fin de round.
Avec 4 grilles non résolues, pour la plupart des grilles faciles, mon score est de 455 points, ce qui est excellent puisque seuls Kota Morinishi et Tiit Vunk font mieux avec 485 points. En 5 participations au WSC, c'est là ma meilleure performance sur un round individuel. En fin de journée, après correction de ces deux premières épreuves, le classement intermédiaire me fait apparaître à une excellente 6ème place. Bon départ donc après 2 rounds !

Round 3 – Assorted – 60 minutes


Ce round me fait un peu peur, car il est composé de sudokus mathématiques, comprenez qu'il faudra être bon et rapide en calcul pour bien s'en sortir. Un de mes points faibles. Objectif : limiter la casse. Sur ce round, c'est le max triplet à 100 points qui tient le rôle d'épouvantail. Pensant qu'il s'agit d'une grille créée par Richard Stolk, qui est un adepte de ce type de grilles, je m'attends certes à une grille difficile mais bien construite et avec une logique intéressante. Je décide donc de la tenter, après avoir résolu quelques sudokus plus faciles. J'y passe un bon moment, mais finis par en venir à bout. A 10 minutes de la fin du round, il me reste à résoudre, outre les 2 classiques, le product arrow, l'outside sums et le inner frame. Aucune de ces 3 grilles ne m'inspirant vraiment, je me lance sur l'outside sum sans grande confiance. J'en viens péniblement à bout.
Je m'en tire plutôt bien sur ce round, à la 10ème place avec un score de 450 points. Un joueur parvient à terminer dans les temps et écrase la concurrence : Kota Morinishi, avec 700 points à la clé. Bastien Vial-Jaime, Tantan Dai et Seunjae Kwak, quoique assez loin de Kota, montrent également leur talent sur ce type de grilles.



Round 5 – Assorted – 80 minutes


En début d'après-midi, nous avons droit au round le plus long de ce championnat. 18 sudokus des plus variés composent ce round sur lequel j'ai bon espoir de bien figurer. Je commence dans l'ordre et les 5 premières grilles tombent sans coup férir, après environ 22 minutes de jeu. Je laisse tomber l'eliminate sudoku, variante qui m'a posé beaucoup de problème au championnat du monde l'an passé. Un petit coup d'oeil sur le GT consecutive sudoku. Visiblement l'entame de la grille a l'air costaude, je décide donc de laisser tomber aussi pour le moment. Les 4 sudokus suivants – search 9, fortress, between, consecutive sequence – ne me posent pas trop de problème. Je me lance sur le consecutive clone, qui visiblement est une grille très bien construite. Je l'apprécie jusqu'au moment ou, proche de la fin de la résolution, une contradiction apparaît, ce qui m'empêche de placer les derniers chiffres dans la grille. Un petit moment pour essayer de repérer l'erreur, mais rien n'y fait... Dans ce cas, la meilleure solution est de passer à une autre grille et y revenir plus tard si le temps le permet. Je me lance sur le mathrax à 90 points, variante qu'il ne faut pas commencer trop tard dans cette épreuve : vu le nombre de points, le temps passé pour le résoudre pourrait être assez élevé. Malgré quelques difficultés et lenteurs, j'arrive à le résoudre. Je résous ensuite le even sandwich sudoku, jette un oeil sur le next to 9, mais ne voyant pas les premiers placements facilement, je décide de retourner sur le consecutive clone. La deuxième résolution ne sera pas meilleure que la première, une autre erreur commise m'empêchant là aussi de placer les 4 derniers chiffres dans la grille.
Le temps passé sur une unique grille sans en récolter les points se fait ressentir sur ma performance réalisée sur ce round. 23ème avec 530 points, assez loin des 750 points de l'Estonien Tiit Vunk. Sans être complètement catastrophique et sachant qu'il est impossible de jouer parfaitement pendant les deux jours de compétition, cette épreuve est plutôt ratée pour moi et les points perdus pourraient me coûter cher. Mais le plus important est de retrouver la concentration pour le dernier round individuel de la journée.

Round 6 – Assorted – 50 minutes


A l'image du 3ème round, cette épreuve est composée de variantes qui ne me conviennent pas toujours : les variantes géométriques ou à régions irrégulières. Je commence par résoudre 3 grilles sur lesquels je devrais néanmoins pouvoir sortir mon épingle du jeu : le parquet, le roman numeral sudoku et le hex sudoku. L'irregular twins sudoku ne m'inspire guère, je me sais très lent sur ce type de grille. Un coup d'oeil au sudoku toroidal à 95 points, la variante dont la difficulté fait peur et sur laquelle, là aussi, je ne me sens pas très à l'aise. La configuration des régions n'est pas trop méchante, je décide donc de m'y atteler. Je ne pense pas avoir fait une résolution parfaite et rapide, mais j'arrive néanmoins à trouver la solution sans trop de peine. Je reviens ensuite sur le scattered sudoku que je résous de la même manière : sans trop de problème mais avec une vitesse peu élevée me semble-t-il. A ce moment-là, je décide de faire un petit break avec un des deux sudokus classiques. Assez de temps restant jusqu'à la fin du round, il me faut faire un choix parmi les grilles restantes, notamment celles à 60 et 65 points. Sans grande conviction je décide d'entamer le missing digit sudoku, dont la logique ressemble un peu au blackout sudoku (en moins pire, haha !). Une erreur est très vite arrivée sur ce type de grille, il faut donc avancer lentement et s'assurer que chaque chiffre placé est juste. J'en viens à bout à environ 2 minutes de la fin du round. Je me lance encore dans le tridoku à 15 points qui pourrait se résoudre très rapidement. Oui mais une erreur stupide m'empêche de trouver la solution, il faudra donc en rester là et passer les quelques secondes restantes et vérifier qu'aucune case vide n'a été négligemment laissée dans les grilles résolues.
Je fais 390 points et limite bien les dégâts en prenant la 10ème place de ce round, perdant seulement 75 points sur le meilleur : le Tchèque Jakub Ondrousek. Je n'espérais pas mieux sur cette épreuve.

Round 7 (par équipe) – Relay – 30 minutes


Les 4 membres de l'équipe ont 3 sudokus à résoudre chacun. Sous forme de relais : une fois le premier sudoku résolu, le joueur donne sa solution au joueur suivant, ce qui permet à ce dernier de résoudre le deuxième sudoku, etc... Le tout dans une ambiance « Il est interdit d'aider ses coéquipiers ». Faisant partie d'une équipe dont l'homogénéité n'est pas le point fort, j'ai posé quelques questions sur le forum WPF avant la compétition pour savoir exactement ce qu'il était permis de faire sur ce round. J'ai bien du constater, à la lecture des réponses vagues des organisateurs, que mes questions dérangeaient. Ils ont quelque peu changé le règlement, nous faisant jouer avec des stylos de couleur, pour pouvoir contrôler quel joueur de l'équipe a résolu chaque grille. Précisant que le but de ce round était que chaque joueur résolve ses propres sudokus, et pas ceux de ses coéquipiers. Avec mes coéquipiers, on décida de jouer comme il était prévu, sans faire de tactique agressive où je tenterais de gagner du temps en finissant la résolution des grilles de mes coéquipiers. De toute manière, certains joueurs allaient passer du temps à ne rien faire pendant cette épreuve. Dans notre équipe, ce fut moi : 5 minutes de jeu, 25 minutes de tranquillité sur ma chaise... Superbe épreuve par équipe ! Certes, deux de mes coéquipiers n'ont pas joué de manière optimale sur cette épreuve, mais je ne peux m'empêcher de penser que cette épreuve était très mal conçue.


L'équipe suisse sur le 11ème round


Deuxième journée :


Un coup d'oeil sur le classement en me levant le matin (quand je suis allé me coucher, seuls les deux premiers rounds étaient corrigés) : après la première journée, je pointe à la 15ème place. Le classement est très serré entre les places 7 et 16, ce qui signifie que les deux derniers rounds individuels vont déterminer les 4-5 dernières places pour les play-offs derrière les intouchables. En jouant bien, il me sera possible de grappiller quelques rangs, mais dans le cas contraire, une place dans le top20 n'est pas encore assurée.

Round 8 – Zodiac – 50 minutes


12 grilles à résoudre sur le thème du zodiac. Deux innovations (twin regions sudoku et 6-9 sudoku) côtoient 3 types de grilles bien connus : un killer sudoku, 4 arrow sudoku et 5 sudoku extra-région. Difficile de comprendre ce choix des organisateurs, pourquoi autant de grilles du même type ? Il eut sembler plus judicieux d'avoir 12 variantes différentes ou 6 variantes différentes représentées chacune par 2 grilles. Je me lance dans ce round en évitant d'aborder les arrow et killer, qui sont mes points faibles. Ma deuxième nuit avec des insomnies de suite ne m'aidant pas, je fais beaucoup de petites erreurs de résolution, que je parviens pour la plupart à corriger. Je me lance dans le twin regions sudoku à 100 points. Après quelques chiffres placés : contradiction ! J'efface tout et recommence, crois repérer l'erreur que j'ai faite : nouvelle contradiction ! J'efface une nouvelle fois et... rebelote !! mazette, ça tourne au vinaigre ! Je laisse tomber la grille pour le moment. Je résous d'autres grilles. Le killer n'est pas trop dur, mais vers la fin de la résolution, je fais une erreur et je ne vois pas comment corriger. Je laisse tomber cette grille aussi et reviens à la twin regions qu'il est impératif de résoudre pour faire un bon score sur ce round. Cette fois, je parviens à la résoudre sans faire d'erreur. En fin de round, je reviens sur le killer et je repère à quel endroit j'ai fauté, je corrige et terminer la grille. Entre temps, j'ai entendu beaucoup de joueurs qui en ont terminé avec ce round. Il me manque 2 arrow sudoku à 30 points chacun, je ne suis donc pas vraiment confiant que ma performance soit bonne sur ce round.
Je pense que beaucoup des joueurs qui ont rendu leur copie avant la fin de l'épreuve ont fait des erreurs : le classement montre que seuls 4 joueurs ont résolu toutes les grilles de manière correcte. Les 3 meilleurs, Kota Morinishi, Jakub Ondrousek et Seungjae Kwak ont eu besoin de 42 minutes de jeu seulement. Je termine au 9ème rang avec un débours de 140 points sur les meilleurs, ce qui est mieux qu'espéré avec toutes les erreurs que j'ai accumulées en cours de jeu.

Round 9 – Multisudoku – 20 minutes


Ce dernier round individuel annoncé à 30 minutes et 150 points dans le livret d'instruction a été revu par les organisateurs à 20 minutes et 100 points (50 points pour chaque grille imbriquée résolue correctement). Ça ne change pas grand chose, le principal étant de terminer la grille sans faire d'erreur, ce que j'ai parfois de la peine à faire sur ce genre d'épreuve. Le bonus temps étant inférieur sur ce round (seulement 5 points par minutes contre 10 points sur les autres rounds), ça permet à tous les joueurs qui ne feront pas d'erreur de limiter la casse. C'est clairement mon objectif ici. Après 6 minutes seulement, Jakub Ondrousek rend sa copie, suivi les minutes suivantes de beaucoup de joueurs. Il devient alors très difficile de se concentrer, alors que les « finished » se font entendre des quatre coins de la salle de compétition. Je fais alors une ou deux erreurs stupides, que je parviens tout de même à corriger et rend finalement ma copie après 12 minutes.
Je marque donc 140 points, ce qui n'est pas excellent, mais je ne perds que 30 points face au meilleur et limite donc la casse, ce qui était clairement mon objectif sur ce round.

Round 10 (par équipe) – X-killer – 30 minutes


Ce round est annulé par les organisateurs.

Round 11 (par équipe) – Fractal – 30 minutes


Même principe que le round 9, mais en équipe, et avec un samurai sudoku (5 sudokus 9*9) lui-même entouré de petites grilles 6*6. Les meilleures équipes (Chine, République Tchèque et Etats-Unis) finissent après 8 minutes. Il nous en faudra 16 pour en venir à bout, ce qui n'est pas si mal pour nous.

Play-offs


Les 10 meilleurs joueurs sont qualifiés pour les play-offs qui se déroulent l'après-midi. Le système est le même que l'année précédente, mais l'absence de caméra rend ces joutes finales quelque peu insipide à suivre pour l'assistance. Prasanna Seshadri gagne la poule réunissant les joueurs classés entre la 7ème et la 10ème place avant les play-offs et se qualifie ainsi pour la deuxième poule, qui sera gagnée cette fois-ci par Bastien Vial-Jaime. La finale entre les 4 meilleurs joueurs n'apporte pas de surprise puisque c'est Kota Morinishi qui est déclaré Champion du Monde après avoir également dominé les tours préliminaires. Les deux autres médailles sont remportées par Tiit Vunk et Jakub Ondrousek.



Bilan


Je termine pour la première fois dans le top20 d'un championnat du monde en prenant une bonne 13ème place. Mon objectif de jouer à un haut niveau est atteint. Certes, j'ai fait des erreurs et on peut toujours en regretter certaines quand on finit si près (à 39 points) d'une place en play-offs, mais comparé aux deux dernières années, ma performance est beaucoup plus solide. J'ai été bien plus régulier que l'an dernier par exemple. Notre performance en équipe est également encourageante puisque nous prenons la 16ème place sur les 21 équipes officielles (27ème place / 47 équipes), ceci malgré un très mauvais premier round par équipe.

Conclusion


Il reste beaucoup de questions ouvertes concernant l'organisation du WSC, notamment sur la partie qui peut se préparer bien à l'avance : les sudokus. La qualité des sudokus de ce championnat était globalement bonne. La majorité des grilles avaient clairement leur place dans un championnat du monde. Quelques sudokus de qualité moyenne côtoyaient ces dernières, ce qui est presque normal vu le nombre élevé de sudokus qu'il faut créer pour un tournoi de ce calibre. Et enfin quelques grilles sans grand intérêt, ou maladroitement construites (les killer, arrow et arrow/killer par exemple) ont été retenues par les organisateurs. Le seul round à thème (zodiac) était à mon avis le plus faible en terme de qualité des sudokus. Ce 10ème WSC n'a pas eu de saveur de jubilé. Ça ressemblait plutôt à un patchwork de grilles, de bonne qualité certes, mais sans aucune idée novatrice (un round d'hybrides de 2 variantes, un sprint round contenant des variantes 6*6, un round sur le thème du 10ème WSC, une autre manière de présenter les rounds que par thème « mathématique, irrégulier, etc... », ou d'autres idées qui pourraient naître de l'esprit d'organisateurs qui ont plus d'une année pour préparer cet aspect de la compétition).

Et encore d'autres questions qui me taraudent l'esprit :
  • Le WSC combiné au WPC depuis 2011 est-il devenu un événement trop grand (nombre de puzzles à créer, gestion lourde due au nombre de participants toujours plus grand, etc...) pour une équipe d'organisateurs bénévoles ?
  • Y a-t-il une hiérarchie entre WSC et WPC chez certains organisateurs ? En 2012, j'ai ressenti que les organisateurs avaient mis l'accent sur le WPC et le WSC était un peu le parent pauvre de l'événement. Le WSC est-il condamné à devenir un « petit WPC » ?
  • Certains puzzles du WSC ont-ils été créés initialement pour le WPC ? Ici je me réfère au missing digit du round 6, dont le thème 1992-2015 contient l'année de naissance du WPC et non celle du WSC. Je constate aussi que tous les puzzles qui peuvent être contestés comme faisant partie de la catégorie sudoku ont été créés par ce même auteur japonais. Est-ce qu'à un certain moment, les organisateurs n'ayant pas assez de grilles pour le WSC ont puisé dans celles créées pour le WPC pour résoudre ce problème ?
  • La fédération mondiale est-elle assez engagée pour pouvoir aider réellement des organisateurs qui auraient été choisis par défaut, étant seuls candidats pour l'organisation du WSC/WPC cette année-là ? Les auteurs étrangers engagés dans la création des sudokus du WSC sont-ils tous à la hauteur pour permettre à cet événement d'être mémorable ?
  • Pendant un moment a surgi la crainte qu'aucun membre ne serait candidat pour organiser le WSC/WPC en 2015. Est-ce qu'on peut se contenter d'être soulagé que l'événement ait pu avoir lieu, même avec beaucoup d'imperfections ?

Je pense que le WSC doit rester l'événement phare du sudoku dans le monde. La fédération mondiale doit essayer de rassembler toutes les forces vives pour que cela soit possible. On voit depuis quelques années que des championnats nationaux prennent de l'ampleur. Certes, ces événements sont moins importants (durée moins longue, moins de participants) et demande une gestion un peu moins lourde, mais la qualité d'organisation de certains championnats nationaux est très élevée. Il serait triste de constater que le WSC n'arrive plus à être à la hauteur de ces événements nationaux.

vendredi 16 octobre 2015

Some thoughts about WSC 2015 in Sofia

Preamble


In case of some reader wonder about what these 3 letters means: W means World, S means Sudoku, C means Championship.

I just came back of a very emotional and intense week, taking part in WSC and having the chance to be invited to compete in the sudoku GP final, which was an incredible experience for me that I will probably report in another post.

WSC


Good news are that we had a decent WSC, with lot of very high quality sudoku, it was very fun to solve them. Secondly, on a personal note, it is the first year I had the strong feeling I played at a very good level during the 2 days, not playing perfectly, but fast and efficiently - This was my goal this year as I was a bit disappointed last 2 years, not about my ranking but more concerning the way I played. This led me to reach the official 13th rank, which is by far my better result in a WSC.
Kota Morinishi is World Champion second year in a row, other medals goes to Tiit Vunk and Jakub Ondrousek.

Now about bad news...
A lot of weaknesses appeared this year. Without revealing hearsay, I think that it would have been a catastrophic event without 2 things:
- The fact that organizers had WSC 2014 as reference. In 2014, the competition director Tom Collyer proposed a very coherent championship and even if I've the feeling that organizers of this year's WSC didn't even know in which way it was coherent and a very successful event in 2014, the fact that they basically copied all rules and did the same model of competition made that we didn't lose all the consistency.
- Even more important: A single guy, devoted and very professional, external to the organization, saved the WSC. Without his work before and during the event, I don't know if the WSC would have occurred ! He transformed alone what would have been the probably worst ever WSC (I wasn't there each year, especially in Zilina in 2009 where reports showed serious deficiencies in several aspect of the event) to a decent level competition.

The only thing we can hope right now is that it will not repeat in the next few years, in which case I fear that our discipline will be in a serious crisis. Let's hope that the organizers of next years competitions will be more involved and have more professional spirit.

Sudoku?


Now about the competition itself.
It seems to be the tendency this year to allow puzzles that are not sudoku in sudoku competitions. Of course, this affirmation is very personal as it's quite impossible to have a strict definition of what is a sudoku which includes all its variants appearing in competitions and being commonly accepted as sudoku. This year I already had personal concerns on a sudoku in the 2th GP round, which was discussed here. The same applied in the 4th round concerning the puzzle named "sukaku", but I didn't protest as I already explained my opinion on the forum for the 2th round.

This WSC contained a few puzzles that I would not have considered as sudoku:
  • In round 2: 1234 "sudoku": The common classic sudoku rule to have a set of distinct digit was stretch at the limit. a digit repeated 4 times, another 3 times and a third one 2 times in the set. I think you have to be careful if you stretch a basic rule of the sudoku. Little stretches can be considered as remaining in the sudoku category, for example if for some purpose you want to use a set where a single digit is repeated twice. Here it went too far and I personally think it was not an appropriate puzzle for WSC. I heard a few players, including a top player that agreed with me. The further problem, if someone think the fact that some puzzle is not considered as sudoku is not enough to remove it, or if someone consider it is appropriate because he has the feeling it is a sudoku (I'm not a sudoku authority, so I think someone could argue in another way of my personal opinion). So I said the further problem was that it was a hard puzzle (95 points). I think organizers should be inspired, in case of including variant that could potentially be controversial, to propose an easy puzzle, so that the ranking is not much affected by it. It was the case for the second and third one I want to speak about. Here I didn't care that much when the instruction booklet was published without the point distribution, and then, when the final instruction booklet appeared (2 days before the competition) I was afraid of the 95 points it represented. Fortunately I had the time to create a training puzzle and guess what: I solved it during the competition.
  • In the 6th round: Overlapping "sudoku" and free block "sudoku": Overlapping sudoku was in fact overlapping latin squares. Latin squares are not sudoku, and I don't see in which way that can be changed by overlapping them. But it was worth only 20 points so who cares?
    The same applies for Free Block sudoku, which worth 35 points and appears in a round where no players was able to solve all puzzles. I just skipped them.
  • The 4th round: straight "sudoku": Here it was the worse choice an organizer can do with a puzzle that can be controversial to be a sudoku: a)The whole round consisted of this puzzle, b) it was worth 200 points, which means that it was designed to be a very hard one, c) a single mistake and the player would have 0 points for the entire round. I was very angry of all these bad decisions. It was a painfull round for me, I had no fun at all and if I wouldn't care a bit about my ranking, I would have left the competition hall after just a look at what the competition puzzle looked like.
The conclusion of it is that I believe the 4th round was far to test the players ability to solve sudoku, hence it will perhaps sound egoistic, but if we consider that this round has nothing to do in a WSC, we'll have another ranking before the play-offs where I would appear in the 6th rank.
I accept the rules of competition, so I'll always say that my official ranking was 13th, but I firmly believe that my performance showed that I was the 6th best sudoku solver during the 2 days of WSC.

Conclusion


Yesterday a WPF guidebook was published on the WPF forum. The purpose is to standardize the rules for the WSC/WPC hosts. It's a good sign that the WPF want that some things change and that the federation sees that some problems need to be solved. I'll take this opportunity to share my views there and see where it goes. The section named "puzzles" needs to be clarify much more in my opinion. I'll probably do lot of suggestions during the few next weeks and see if my point of view is the same as the commonly accepted one. In any direction that it goes, it can be an improvement. However if it goes at the extreme opposite of my views, I may consider extreme solutions: retiring myself from sudoku competitions or at least WSC, asking to be ranked unofficially during WSC and allowing myself to skip some parts of the competition, etc... It would be the death in the soul, but it shows at which point I'm affected when I feel that some people's goal is to make sudoku players guilty of not liking other puzzles.

Feel free to comment this post, even if your opinions are not the same as mine.

mardi 2 septembre 2014

Championnats du monde de sudoku 2014 – Londres. Un arrière-goût de déjà vu !

Malgré quelques turbulences dues à un ciel capricieux, le voyage à Londres se déroule sans histoire le dimanche 10 août. J'arrive à l'hôtel vers 14h30 et ai le plaisir de rencontrer déjà beaucoup de joueurs, connaissances et amis. Je profite de l'après-midi pour me relaxer quelque peu, le programme de la semaine s'avérant plus que chargé. Après le repas, la séance de questions n'apporte pas d'élément crucial à la compétition. Après une bonne nuit de sommeil, les hostilités peuvent commencer.


Première journée


Premier round : sudoku classique – 20 minutes – 200 points.


Comme l'an passé, l'ouverture du championnat consiste en une série de sudoku classiques de difficulté peu élevée. Nous avons en effet 10 grilles à résoudre pendant 20 minutes. Après un départ concentré, je ne tarde pas à me perdre dans d'autres pensées qui freinent dès lors ma progression. Au final, je ne résous que 7 des 10 grilles, alors que les meilleurs parviennent à résoudre la totalité. Mon manque de vitesse combiné à la difficulté de me concentrer dès le début du tournoi m'empêche de faire un bon résultat sur ce round.

Bilan : 113 points – 49% du score de Bastien Vial-Jaime (230 points), meilleur concurrent sur ce round. Un oubli de 2 cases me fait perdre 17 points, ma relative lenteur combinée à cette erreur stupide me font louper une fois de plus le début du tournoi. Heureusement l'épreuve était courte et rien n'est joué après ce qu'on peut appeler un échauffement.

Deuxième round : variantes classiques – 45 minutes – 535 points.


Les trois premières grilles (sudoku surplus, déficit et irrégulier) ne me tentant guère, je décide de commencer ce round par le sudoku diagonal, une grille à 16 chiffres donnés, très bien construite (je me doutais que l'auteur était Tom, il avait déjà créé une grille similaire par le passé). Avec le peu d'indice présent, il s'agit de ne pas louper une information, sous peine de passer un mauvais quart d'heure. La résolution se passe sans anicroche pour moi, et j’enchaîne avec le windoku, odd, non-consécutif, le killer contenant 4 zones rectangulaires à 8 cases, thermo et arrow. Le temps étant loin d'être terminé, je décide ensuite de revenir sur l'irrégulière, puis le surplus sudoku, et enchaîne ensuite par les deux sudokus classiques du fin de round pour acquérir le plus de points possibles. Il me reste 1'30 et la grille la plus facile du lot, un sudoku déficit à 15 points. J'arrive à le résoudre de justesse, le chronomètre indiquant qu'il restait seulement 20 secondes de jeu. Je jette encore un rapide coup d’œil à toutes les grilles en vérifiant que toutes les cases soient remplies, afin de ne pas répéter l'erreur du premier round (bien que je ne suis pas encore au courant de mon erreur à ce moment-là). Je parviens à résoudre toutes les grilles de ce round, ce qui semble être une bonne performance, malgré le fait que les meilleurs ont terminé avec plus de 10 minutes de marge et engrangeront de précieux points de bonus. J'ai beaucoup apprécié les sudokus de ce round, la construction de ces grilles était parfaite, esthétique, minimale, bref, des grilles de la meilleure qualité qui annonce la couleur quant à la qualité du tournoi lui-même.

Bilan : 515 points – 76% du score de Tiit Vunk (675 points). Une erreur à la fin d'une grille classique ne parvient pas à entacher mon enthousiasme par rapport à cette épreuve. Seuls 6 joueurs parviennent à faire un score supérieur au mien, ce qui prouve que j'ai joué à un excellent niveau sur cette épreuve. Après les 2 premiers rounds, le classement intermédiaire indiquera que je suis 12ème, malgré mon mauvais départ sur la première épreuve. Malheureusement c'est à ce moment que les problèmes arrivent...


Je joue à côté de la capitaine de l'équipe Chinoise et organisatrice des championnats 2013: Chen Cen


Troisième round : variantes avec indices extérieurs – 45 minutes – 510 points.


Ayant bien préparé les grilles de cette épreuve, je suis assez confiant et décide de résoudre les sudokus dans l'ordre proposé, au moins jusqu'à la grille max triplet, variante sur laquelle je pense être moins à l'aise. Le odd-even-big-small à 40 points n'est pas complètement évident, mais ne me pose néanmoins pas de problème. Sur le X-sums qui suit, je commence à me déconcentrer. Je recommence la grille après 1-2 minute, croyant avoir repérer une erreur dans ma résolution, ce qui n'était pas le cas. J'en viens tout de même à bout sans perdre trop de temps. L'outside sudoku et le next to 9 sudoku passent sans problème eux aussi. Après un peu plus de la moitié du temps, j'ai donc résolu les quatre premières grilles me rapportant 230 points, sur un rythme un peu lent, certes, mais sans perdre un temps considérable. Vient ensuite le skyscrapers sudoku, qui devrait être la grille la plus difficile de cette épreuve, valant 90 points. Peu de chiffres sont présents à l'intérieur de la grille, les indices extérieurs sont prédominants. J'avance lentement, ayant du mal à repérer toutes les évidences et manquant d'efficacité à utiliser les indices à bon escient. Après plus de 10 minutes sur cette grille, qui est maintenant quasiment résolue, je constate une erreur. Je ne parviens plus à placer les derniers chiffres sans qu'il y ait une contradiction avec les indices extérieurs. Je tente de repérer l'erreur pendant encore 2-3 minutes, mais rien n'y fait, je ne parviens pas à corriger la grille. Je décide alors de la laisser tomber et de m'attaquer à l'even sandwich sudoku à 75 points. En m'y prenant bien, je devrais être capable de la résoudre dans les 10 minutes restantes. Mais, passablement déconcentré par mon ratage sur la grille précédente, j'avance très lentement. Plus le temps passe, plus je regarde le compte à rebours et perds d'autant plus ma concentration. A 2 minutes de la fin, je me rends compte que je n'arriverai pas à résoudre cette grille et que j'ai perdu presque la moitié du temps imparti sans résoudre une seule grille...

Bilan : 230 points – 41% du score de Nikola Zivanovic (560 points). Round catastrophique. J'aurais facilement pu viser un score de 395 points ou plus sur cette épreuve, j'en suis très loin. Beaucoup de points perdus en vue du classement général. Certes il y a encore beaucoup d'épreuve, voyons si j'arrive à me ressaisir dans le round suivant.

Quatrième round : variantes sur le thème « voisinage » – 45 minutes – 560 points.


Des variantes contenant des règles liant les cases voisines nous sont proposées dans ce round. Outre les populaires consecutive et non-consecutive, inégalité, XV et kropki sudokus se trouvent un no nine, un odd/even count et consecutive sequence sudoku. Le sudoku inégalité à 95 points me fait un peu peur, je pense que je le laisserai de côté dans un premier temps. Je ne suis pas un spécialiste des grilles consécutive, mais je commence tout de même par jeter un coup d’œil sur cette grille, qui est la première proposée. Je craignais que le début de la résolution soit difficile et c'est ce qui arrive, je ne m'attarde donc pas sur cette grille et passe directement au sudoku non-consécutif, qui passe sans trop de mal. Je m'attaque ensuite au no-nine qui oppose d'emblée plus de résistance. Après quelques minutes, j'arrive à une contradiction qui signifie que j'ai de nouveau fait une erreur. Étant persuadé que j'ai fait cette erreur dans une certaine zone de la grille, j'efface une bonne quinzaine de chiffres et recommence à partir de ce point. Mais rien n'y fait, je retombe sur une contradiction signifiant que l'erreur commise est ailleurs... Je décide alors que j'ai perdu assez de temps sur cette grille valant seulement 50 points et m'attaque avec plus de succès au sudoku XV, kropki sudoku (très facile malgré ses 75 points), odd/even count sudoku et je termine par la consecutive sequence à 70 points,qui malgré un début pas évident, passe sans encombre. Je n'aurai une fois de plus pas le temps de jeter un œil aux deux classiques valant chacune 20 points.

Bilan : 310 points – 67% du score de Bastien Vial-Jaime, Kota Morinishi et Tiit Vunk (465 points). Loin d'être un score aussi mauvais que sur le troisième round, je ne parviens décidément pas à jouer sans faire d'erreur, ici c'est 7-8 minutes passées sur le no-nine sudoku qui ont été bêtement gâchées. A noter que c'est le premier round qu'aucun joueur ne parvient à terminer dans les temps. Le score des meilleurs tend à me faire penser que le choix de ne pas s'attaquer au sudoku inégalité n'était pas mauvais.

Cinquième round : variantes « arithmétiques » – 45 minutes – 555 points.


Après la pause de midi, nous reprenons la compétition avec un nouveau round de 45 minutes sur le thème du calcul mental. Ne me sachant pas un maître en la matière, j'espère tout de même ne pas perdre trop de terrain sur les spécialistes, certaines variantes pouvant tout de même me convenir. Le killer sudoku pro, une variante similaire au killer sudoku au détail près que les nombres indiqués peuvent être la somme, le produit, le quotient ou la différence des chiffres contenus dans la zone vaut 120 points et fait office d'épouvantail dans cette épreuve. Comme d'habitude, je commence dans l'ordre des grilles proposées, ici un killer sudoku. Celui-ci vaut 95 points et parait effectivement plus difficile que celui qui se trouvait dans le 2ème round. Après quelques chiffres trouvés, je me retrouve bloqué et décide alors d'abandonner au profit des autres variantes. Les arrow, Star product, little killer, equality et diagonal arrow sudokus n'opposent pas une grande résistance. Vient ensuite la dernière variante : le killer sudoku pro. A première vue, il y a beaucoup de grands produits à décomposer, ce qui n'est pas mon point fort. J'entame tout de même la grille, mais après quelques minutes, je fais une erreur que je n'arrive malheureusement pas à corriger. Il reste alors 5 minutes et je décide de résoudre les deux classiques à 20 points. Il me manquera littéralement quelques secondes pour terminer la résolution de la deuxième classique.

Bilan : 320 points – 47% du score de Kota Morinishi (675 points). Encore une erreur et de nombreuses minutes de perdues sur les deux grilles de ce round valant le plus de points. Erreur tactique ? J'aurais peut-être du revenir sur le killer sudoku (sur lequel j'ai bêtement loupé une évidence – une somme de 36 en 8 case ne contient pas de 9) plutôt que d'attaquer le killer sudoku pro, sur lequel je savais ne pas être à l'aise. Un mauvais round de plus pour moi, donc... A noter que Kota a réalisé une superbe performance sur cette épreuve, résolvant toutes les grilles avec 10 minutes d'avance sur tous ses poursuivants.

Sixième round : variantes « géométriques » – 45 minutes – 525 points.


Autant annoncer la couleur tout de suite, cette dernière épreuve individuelle de la journée est celle que je crains le plus. Non pas que je m'inquiète de mon niveau de concentration après ces quelques heures de jeu, mais les variantes présentes dans ce round ne m'inspirent guère. Je me sens compétitif sur une seule des variantes proposées : le parquet sudoku. A cela s'ajoute la grille la plus coté du tournoi, un hex sudoku à 140 points ; Au vu de mes déconvenues sur la plupart des grosses grilles des rounds précédents, il y a de quoi se faire des cheveux blancs. Je débute l'épreuve avec l' isometric sudoku ( = sudoku 3D), valant seulement 30 points. Une grille fort bien construite, surprenante mais effectivement pas trop difficile. Je profite ensuite du parquet sudoku pour prendre un peu d'élan. Attention aux erreurs et aussi aux cases vides sur cette grille... ça passe. Je me lance ensuite sur l'hex sudoku à 140 points. Malgré plusieurs moments de blocage, ce qui parait normal sur une grille valant autant de points, j'arrive à la résoudre sans trop de problème. Je me force à aller lentement en fin de grille, une erreur est si vite arrivée sur ce type de variante. Après l'hex vient le sudokurve à 85 points. Je m'attendais à une grille avec 9 régions (la plupart des kurves ont 5 régions seulement), avec lignes courbées dans tous les sens. Pas du tout confiant sur cette grille, après le souvenir douloureux d'une telle grille du même auteur (Tom Collyer) sur un tournoi en ligne il y a quelques années. Je me lance quand même dans la résolution, les autres grilles ne me tentant guère plus... Je ne peux pas prétendre l'avoir résolue rapidement, mais je n'ai pas eu trop de peine non plus. Vient ensuite le sudoku toroidal à 75 points, encore une grille que je n'affectionne guère. Cette fois, vu le temps qu'il reste, je préfère directement passer au ten box sudoku, une variante qui m'a pourtant fait quelques frayeurs pendant ma préparation la semaine avant le championnat. Celle-ci vaut 40 points et est donc plutôt facile. En fin de round, j'ai encore le temps de résoudre le sudoku irrégulier et les deux classiques à 20 points.

Bilan : 450 points – 73% du score de Tiit Vunk (615 points). Et surtout la 5ème place totalement inattendue sur ce round. En effet, seuls l'Estonien Tiit Vunk et trois Japonais furent meilleurs que moi ici. Ce dernier round individuel mieux réussi qu'espéré me permet de ne pas m'effondrer au classement général individuel de cette première journée, où je figure alors à la 20ème place. Le journée du lendemain comporte un long round qui pourrait me convenir et un round du type « sprint » qui me fait très peur. Mais place en fin d'après-midi à deux épreuves par équipes :


L'équipe suisse


Septième et huitième rounds : épreuves par équipe – 30 minutes chacun.


Sur le premier des deux rounds par équipe, nous devons résoudre des sudokus classiques. Chacun des 4 joueurs de l'équipe a un stylo de couleur et n'a le droit d'écrire que dans la zone correspondant à sa couleur dans la grille. Toutes les 90 secondes, Tom signale par un retentissant « rotate ! » que nous devons passer la grille à notre équipier à gauche, tandis que nous recevons la grille de notre équipier placé à notre droite. Nous avions décidé que Markus, théoriquement le joueur le moins rapide en sudoku classique, se placerait juste après moi, de sorte que je puisse lui communiquer les quelques chiffres que j'avais repéré dans sa zone juste après chaque changement de grille. Cette tactique a plutôt bien fonctionné, nous réussissons à résoudre 3 des 6 grilles proposées. Certes, notre score est loin du score des Allemands qui rendent leur copie plus de 8 minutes avant la fin de l'épreuve.
Le deuxième round par équipe nous confronte à des bandes (lignes et colonnes) contenant des chiffres et que nous devons placer les unes sur les autres dans le bon ordre pour reconstituer un sudoku classique. Là aussi nous avions je pense une bonne tactique, malgré le fait qu'il n'était pas idéal d'être 4 autour d'un tel sudoku et que certains joueurs ne se sont peut-être pas sentis très utiles. Nous résolvons 3 des 4 sudokus proposés mais malheureusement commettons deux erreurs, dont la première est particulièrement stupide : l'oubli d'écrire la première bande placée... Je prends sur moi cette erreur, puisque c'est moi qui étais chargé d'écrire l'ordre des bandes placées. Sorry guys ! Ces deux épreuves étaient plutôt bien conçues et accessibles aux petites équipes en terme de difficulté, ce qui n'est pas le cas chaque année.

Après le repas, la soirée est loin d'être terminée, puisque le programme annonce la finale du GP de sudoku. Vous pouvez lire un compte-rendu détaillé de cette finale sur le blog de Bastien Vial-Jaime, qui y a pris part. Une des sept grilles de la finale était de ma conception, j'avais à coeur de voir en combien de temps les meilleurs joueurs l'avaleraient.

Deuxième journée


Neuvième round : variantes diverses – 90 minutes – 940 points.


C'est le seul round de ce championnat qui dure plus de 45 minutes. 15 variantes et 2 grille classiques composent cette épreuve. Après une nuit où j'ai eu beaucoup de peine à trouver le sommeil, je me sens un peu fatigué, mais je suis bien décidé à gagner quelques places au classement général. J'avais décidé de résoudre les grilles dans l'ordre proposé, sauf le sudoku cylindrique que je n'affectionne pas beaucoup. Au moment de placer le dernier chiffre dans le sudoku anti-knight qui me résista quelque peu, je constate que le chiffre en question ne peut pas y être placé sans contredire la règle de cette variante. Mazette, la journée ne s'annonce pas meilleure qu'hier en ce qui concerne les erreurs. Je laisse la grille telle quelle et je résous les grilles suivantes. Je résous alors toutes les grilles, sauf le sudoku cylindrique, le « eliminate sudoku » à 90 points qui parait ardu à première vue, et les deux classiques. Mais ma vitesse n'est pas optimale et il reste peu de temps. Je décide de me lancer dans le « eliminate sudoku », une nouvelle variante, dans les quelques minutes qu'il reste. La grille résiste, et quand je constate que je ne pourrai pas la résoudre, je me décide à faire une hypothèse... suivie d'une deuxième hypothèse... Je termine la résolution sans constater d'erreur dans la grille. Gros coup de bol ? Et non, la grille s'avérera fausse et ne me rapportera pas de points.

Bilan : 660 points – 64% du score de Dai Tantan (1020 points). Encore une épreuve sur laquelle je suis en-dessous de mes capacités. Ayant 3 des grilles valant le plus de points (anti-knight, eliminate et cylindrique) et les deux classiques non-résolues, je marque moins de points que mes adversaires directs.

Dixième round : Overlapping scattered sudoku – 20 minutes – 100 points.


Deux grilles imbriquées l'une dans l'autre composent ce round. J'avais résolu quelques grilles de ce type du même auteur durant ma semaine de préparation avant le championnat. Avec à chaque fois ou presque un temps supérieur aux 20 minutes ou une résolution entachée d'erreurs. Dès lors, j’espère que la grille du championnat est plus facile, mais je sais pertinemment que je serai loin du niveau des meilleurs sur une telle épreuve. Mon but est donc de marquer les 100 points de la grille, sans me soucier du temps de résolution des meilleurs. En effet, la grille du championnat s'avère assez facile puisque les meilleurs joueurs en eurent terminé en moins de 7 minutes. Dès ce moment, il est devenu plus difficile de se concentrer en voyant les organisateurs courir de table en table pour récupérer les feuilles des joueurs qui en avaient terminé. J'essaie le plus possible de rester calme et d'éviter les erreurs. Je rends ma copie après plus de 16 minutes.

Bilan : 130 points – 56% du score de Bastien Vial-Jaime, Jin Ce et Klára Vytisková (230 points). Les organisateurs ont eu le bon goût de donner peu de points à cette épreuve et assez de temps pour que la majorité des joueurs soient capables de résoudre la grille. En effet, 92 joueurs ont marqué au moins 100 points. Dans l'idéal, j'aurais certainement pu résoudre la grille en économisant 3-4 minutes de plus, mais c'était ma tactique d'y aller très tranquillement dans le but d'éviter les erreurs. J'ai donc limité les dégâts, comme prévu. Il reste à ce moment-là encore une épreuve par équipe avant les playoffs qui auront lieu durant l'après-midi.

Onzième round : épreuve par équipe – 45 minutes.


Nous devons résoudre 5 variantes de difficulté très élevée dans ce round. Les chiffres de certaines cases correspondent d'une grille à l'autre, ce qui devrait nous aider à résoudre les grilles, même si les organisateurs précisent que chacune des grilles peut être résolue sans l'aide des correspondances. Nous nous répartissons les grilles selon les qualités de chaque joueur. Je prends le sum skyscrapers, mais je me rends vite compte que la difficulté est énorme et que je vais avoir beaucoup de peine à le résoudre. Je me replie alors sur le musketry sudoku, qu'aucun joueur de l'équipe n'affectionne visiblement. Je parviens à avancer dans la grille, nous trouvons quelques indices dans les cases liées d'une grille à l'autre. Malheureusement, le risque sur ce genre d'épreuve est qu'une erreur peut se propager sur toutes les grilles. Nous faisons face à des erreurs dans au moins 2 grilles. Nous parvenons tout de même à résoudre le musketry sudoku, mais ce sera notre seule grille résolue.

L'après-midi nous réserve des playoffs très intéressants. Le système mis en œuvre par les organisateurs cette année a l'air très bien conçu et pourrait servir de modèle pour les années suivantes. Vous pouvez lire un compte-rendu de ces playoffs sur le blog de Bastien Vial-Jaime.

Bilan personnel :

Je termine ces championnats au 24ème rang, soit 2 rangs de plus que l'année dernière. Au-delà du classement, c'est encore une fois ma performance qui ne m'a pas convaincu, d’où le titre de mon message. Ma force sur les tournois en ligne est de faire très peu d'erreurs. Certes, il est normal de commettre plus d'erreurs sur un tournoi qui dure 2 jours que sur les tournois en ligne, mais cette fois encore j'ai l'impression que cette force sur les tournois en ligne se transforme en faiblesse aux championnats du monde. J'avais réussi un bon championnat d'Allemagne au mois de mai, et je pense que ma préparation à ces championnats ne fut pas loin d'être optimale. J'espérais donc un meilleur résultat que celui-ci. Ajoutez à cela le fait de passer très près de la finale du GP pour la deuxième année consécutive, quelques soucis concernant les droits de reproduction de mes grilles ; Ces championnats concluent une année minée par quelques (petites) déceptions. Je ne vais certes pas m'arrêter de jouer au sudoku. Je vais peut-être me concentrer sur les tournois en ligne l'an prochain, et attendre moins des championnats du monde. Je relativise tout de même en me disant que terminer au 15ème (à peu près la place que j'espérais) ou au 24ème rang ne fait pas une différence énorme.


A peu près tous les joueurs

Je vais terminer en félicitant les organisateurs de ce championnat. De la conception des grilles jusqu'à la conception du tournoi lui-même en passant par l'organisation globale de l'événement, presque tout a été parfait. Quand on a une petite idée de la somme de travail que représente la préparation d'un tel événement, on ne peut que féliciter chaleureusement toutes les personnes qui ont œuvré pour que tout se déroule de manière optimale.
En ce qui concerne les grilles proposées, j'ai une seule critique mineure à faire: il manquait des sudokus classiques de difficulté plus élevée. En effet, tous les sudokus classiques présentés étaient faciles. Quelques grilles nécessitant un peu plus de réflexion auraient été les bienvenues et si la variété des grilles proposées était très intéressante malgré le peu d'innovations, je pense qu'un championnat du monde doit aussi contenir des sudokus classiques de difficulté variée. Ceci dit, je préfère nettement des grilles faciles à des grilles nécessitant des hypothèses pour être résolues (qui, elles, n'ont pas leur place en compétition à mon humble avis), et ce n'est pas la présence de sudoku classique de difficulté plus élevée qui m'aurait permis de faire un meilleur résultat. Si je me permets de faire cette petite critique, je souligne encore une fois que les sudokus étaient d'excellente facture. L'édition 2014 des championnats du monde pourra je l'espère servir d'exemple pour les éditions futures.

mardi 5 novembre 2013

Championnat du monde de sudoku 2013 - Beijing - Dernier chapitre

Premier chapitre
Deuxième chapitre

2ème journée


Pour les joueurs non qualifiés pour les playoffs, la compétition se terminera après 3 derniers rounds à joueur dans la matinée. Même si la journée est plus courte qu'hier, le classement peut encore être substantiellement modifié avec les 930 points en jeu. Nous entrons directement dans le vif du sujet avec une longue épreuve :

Neuvième round – Close relative sudoku – 88 minutes – 600 points


Ce round est construit à partir de 8 variantes communes (sudoku diagonal, irrégulier, impair, consécutif, outside, skyscrapers, anti-knight et renban). Les 8 autres sudokus étant des variations correspondant à chacune des grilles précitées (par exemple, le sudoku antidiagonal est le pendant du sudoku diagonal). Une des particularités de ce round est de contenir la variante la plus chère du tournoi : 66 points pour le 6-cell outside sudoku. Une grille risquée que j'avais préparée en en créant moi-même une version très difficile – qui se trouve ici – et dont je n'excluais pas de tenter la résolution.
Comme d'habitude, dès le début du round, je prends les grilles dans l'ordre et laisse tomber celles que j'aime le moins. Je résous ainsi le sudoku diagonal, puis antidiagonal. Ces deux grilles ne sont pas trop dures et constituent un bon échauffement. Étant toujours aussi peu confiant sur les irréguliers, je passe les deux grilles suivantes (le halved squares sudoku étant une des variantes que j'aime le moins, autant dire qu'il y a très peu de chance que j'y jette ne serait-ce qu'un coup d’œil avant la fin du round). Je résous le sudoku impair, jette un petit regard sur le odd-even consecutive qui n'a pas l'air complètement évident ; ce sera pour plus tard. Étant également lent sur les sudokus consécutifs, je passe aussi celui-là, puis je m'attaque au X-Difference que je résous, puis le outside dans la foulée. Vient alors le fameux 6-cell, je commence la résolution, à certains moments laborieuse, mais j'avance tout de même. Vers le milieu de la résolution, je reste bloqué pendant 2-3 minutes. Je décide de ne pas m'acharner même si j'ai déjà passé au moins une dizaine de minutes sur cette grille (erreur que j'avais payée lourdement sur un sudoku rossini il y a deux ans), et je m'attaque au skyscrapers, puis, dans la foulée l'antiknight ne me pose pas de problème. Je peine quelque peu sur le renban à 50 points, d'aucuns ne le trouvèrent « pas si difficile ». Ensuite je reviens sur le 6-cell. Je repère tout de suite un endroit où la grille peut se débloquer et place un chiffre. A force de travail, la grille finit par tomber... Je fais très attention à ne pas faire d'erreur en fin de grille, et à ne pas laisser de cases vides. Une fois fait, il reste encore un peu de temps ; je résous le odd-even consecutive, puis je m'attaque au sudoku irrégulier (je me rendrai compte bien après que j'ai carrément oublié de regarder la dernière page qui contenait un outside consecutive sudoku qui aurait peut-être pu me convenir). La grille bien dégrossie, je constate une erreur. Je passe quelques secondes à essayer de la corriger, mais rien n'y fait. Je décide alors d'entamer le sudoku consécutif, mais il résiste. Après hésitation, je reviens sur le sudoku irrégulier, j'efface quelques chiffres dans l'espoir que l'erreur disparaisse, mais rien n'y fait l'erreur est toujours là. Je me remets sur le sudoku consécutif, je remplis environ un tiers de la grille... mais il est trop tard, c'est la fin du round. Hésitation coupable, j'aurais du effacer l'irrégulière entièrement pour avoir une chance de la compléter, et ne pas tergiverser entre deux grilles.

Bilan : 367 points (74% du score de Jan Mrozowski : 493 points). Malgré cette hésitation en fin de round et le fait que je ne sois pas certain que le choix le plus rentable était de s'attaquer au 6-cell outside sudoku (je n'ai pas regardé combien de temps il m'a fallu pour résoudre la grille, mais j'imagine que je ne m'en suis pas tiré en dessous de 20 minutes), je me sens plus dans le coup que la veille. Certains de mes adversaires ont peut-être perdu des plumes sur ce round, notamment à cause du 6-cell outside sudoku (lire le compte-rendu de Tawan, joueur Thaïlandais).

Dixième round – The great wall – 15 minutes – 100 points


Après le 2ème long round du tournoi, nous sommes confrontés au 2ème round de courte durée. Le risque de ne pas obtenir de point est à prendre en compte et une seule erreur peut mener à ce résultat – tout comme lors du 3ème round, 2 des 10 meilleurs joueurs du tournoi n'obtiendront pas de point ici. Vigilance et concentration ne seront pas de trop ! La différence avec le round 3 se situe dans le type de grille à résoudre : il s'agit bien ici de sudoku. 5 grilles partageant une ou deux régions avec sa (ses) voisine ont été confectionnées. Il s'agit de trouver le point de départ – pas sûr qu'on puisse résoudre ce problème en commençant par n'importe quelle grille. Chaque grille résolue rapporte 20 points dans l'escarcelle.
Je ne pars pas complètement confiant au vu de ma performance moyenne sur les épreuves classiques de la veille. En effet, hormis le fait qu'il faut bien gérer les interactions entre les grilles, cette épreuve est apparentée au sudoku classique.
L'épreuve débute. Je place quelques chiffres dans la première grille à gauche, puis la deuxième. Même s'il est certainement possible d'avancer encore plus sur ces deux grilles, je n'ai pas l'impression qu'elles se résolvent facilement, donc je progresse de plus en plus vers la droite. C'est bien en commençant à droite que le problème semble pouvoir être résolu plus facilement ! La première grille tombe, puis la deuxième, j'entame la troisième, en interaction avec la quatrième. La région commune entre les deux me pose quelques problèmes, je perds quelques minutes à débloquer la situation. Une fois fait, il me manquera environ 30 secondes pour terminer la troisième grille.

Bilan : 40 points (Tiit Vunk sera une nouvelle fois le plus rapide, obtenant 140 points sur cette épreuve). 8 joueurs ayant complété la grille, cette épreuve était bien dosée, la difficulté du problème parfaitement adaptée. Petit manque de vitesse de ma part. Mon score n'est pas énorme mais seuls 17 joueurs marqueront plus de points que moi. La transition difficile de la 2ème à la 3ème grille était un passage clé. Je n'étais pas loin d'en venir à bout. Aucun regret sur cette épreuve.

Onzième et dernier round – The Lucky Number 8 – 35 minutes – 230 points


Dernière chance de grappiller des points et quelques places au classement, cette épreuve est entièrement construite sur le thème du chiffre 8 (thème récurant dans ce tournoi, étant donné qu'il s'agissait des 8èmes championnats du monde). Outre les classic 8, answer 8, distance to 8, with 8, 8 by 4 et 4 by 2 pour lesquels le thème est limpide rien qu'à la lecture des règles, le round comporte un little killer et un big neighbor qui seront eux aussi construits avec le chiffre 8 – le little killer ne comportera que des sommes dont le dernier chiffre est un 8 et le big neighbor forme un dessin représentant un 8. Belle épreuve pour conclure ces championnats !
La règle du distance to 8 sudoku ne m'inspire guère. Cette grille valant 50 points, je décide que je la laisserai tomber dans un premier temps, tout comme le big neighbor qui aurait demandé un peu plus d’entraînement afin que les réflexes soient suffisants pour être rapide. Je résous toutes les autres grilles en finissant par le classic 8 à 12 points, il me reste une minute, j'en profite pour vérifier si toutes les cases sont remplies dans les sudokus que j'ai résolus.

Bilan : 154 points (85% du score des 6 meilleurs joueurs de ce round : 180 points). Cette épreuve ressemblait à l'épreuve 5 et son résultat est similaire : dans le temps imparti, les meilleurs joueurs ont résolu toutes les grilles sauf la plus dure. Au vu des scores, il s'agit de mon meilleur round. Je n'ai pas fait d'erreur en cours de résolution et pas d'étourderie en fin de grille.

Playoffs


Cette année, les organisateurs ont opté pour des playoffs en deux temps : une demi-finale réunissant les 10 meilleurs joueurs des tours préliminaires sur le modèle des championnats du monde hongrois de 2011 et une finale opposant les deux premiers de la demi-finale sur le modèle des championnats du monde croate de 2012. Le tout filmé et retransmis en direct sur une chaîne chinoise.
Le suspense quant à l'issue de la demi-finale ne semblait concerner que la deuxième place, tant l'avance acquise par l'Estonien Tiit Vunk sur ses adversaires après les tours préliminaires était grande. Il put en effet commencer à résoudre les 9 grilles de la demi-finale plus de 5 minutes avant son dauphin, le Français Bastien Vial-Jaime. Le jeu des chaises musicales aboutit pourtant à une énorme surprise, les deux meilleurs joueurs des tours préliminaires butant sur le deuxième sudoku, un killer. Ils furent tous deux éliminés après la troisième grille, en compagnie de Jan Novotny, 10ème avant les playoffs. Le combat acharné opposant dès lors les 7 joueurs restant fut à couteaux tirés. Jan Mrozowski, qui était méconnaissable par rapport à sa piètre performance de la veille lors de la finale du GP semblait prendre l'avantage, mais une sérieuse erreur sur le star product sudoku lui ôta tous ses rêves de podium. Le joueur qui s'en tira le mieux fut le Japonais Kota Morinishi, déjà vainqueur de la finale du GP la veille. Il en termina avant tous ses adversaires et le surprenant Chinois de 16 ans Jin Ce décrocha la deuxième place de finaliste. Jakub Ondrousek, heureusement pas trop handicapé par ses béquilles dans les moments où il fallait changer de table pour résoudre la grille suivante, compléta le podium.


La finale

La finale suivit sans tarder, les deux joueurs étant amenés à résoudre chaque grille avec un marker sur un tableau, de sorte que le public puisse apprécier la progression de chaque joueur. Chaque joueur ayant remporté 2 grilles, la cinquième fut déterminante. Il s'agissait d'un sudoku classique (le troisième de la finale, chaque joueur en ayant remporté un auparavant), et Jin Ce rendit sa copie à peine quelques secondes avant Kota, qui dut se contenter, pour la troisième année consécutive, de la 2ème place !

Bilan personnel :

Je termine ces championnats du monde de sudoku à la 22ème place. Mon objectif de terminer dans le top 20 n'est pas atteint, je perds une place par rapport à l'an dernier. Ma deuxième journée vient toutefois tempérer la mauvaise performance des 5 premiers rounds. A la lecture du livret d'instructions, ces championnats auraient dû mieux me convenir que la précédente édition. Je fais quasiment le même résultat (je termine à un seul point de mon ami Français Sylvain Caudmont), mais j'estime avoir plus mal joué cette année. Ceci dit, il me manque seulement 13 points pour atteindre mon objectif et terminer dans le top 20, je remettrai le couvert l'an prochain.
Les Chinois sont à féliciter pour la qualité de l'organisation des ces championnats du monde. Je publierai encore un message d'ici quelques jours (en Anglais probablement) concernant les points forts et les points faibles de ces championnats, en comparaison des 2 autres championnats auxquels j'ai pu participer (2011 et 2012).
Le bilan de l'équipe suisse est en demi-teinte. Certes nous parvenons depuis 2011 à former une équipe complète de 4 joueurs, et pouvons ainsi être classés officiellement, ce qui est déjà une réussite étant donné que nous n'avons pas de sponsor. Nous nous classons 20ème, devant les équipes grecque, russe et hongroise. La tenue d'un tournoi qualificatif en ligne n'a pas apporté beaucoup de résultats : quelques nouveaux joueurs apparaissent, mais peu semblent assez motivés pour s’entraîner et participer aux différents tournois en ligne existants en vue de pouvoir viser par exemple le top 50 mondial.

Le classement complet


Ne participant pas au WPC cette année, je n'avais plus qu'une soirée à passer avec mes amis. Mon collègue de chambre étant muni d'une bouteille de tequila, nous avons formé un clan séparatiste avec quelques Indiens et Français, n'assistant même pas à la cérémonie de clôture. Plus tard dans la soirée, je partageai encore quelques verres de vodka avec mes amis Polonais.


avec Rohan, Bastien, IronRishi et Sylvain


Lecture recommandée: 3 articles sur le blog de Bastien Vial-Jaime, meilleur joueur Français.
Partie 1
Partie 2
Partie 3

mardi 29 octobre 2013

Championnat du monde de sudoku 2013 - Beijing - Deuxième chapitre

Vous pouvez lire le début de ce récit ICI.

Après la pause de midi, 5 épreuves nous attendent : 2 individuelles et 3 par équipe.

Quatrième round – Classic sudoku 2.0 – 35 minutes – 230 points


Contrairement au premier round, celui-ci ne contient que 8 sudokus, rapportant chacun entre 22 et 36 points. Il s'agit bel et bien de sudokus de difficulté bien supérieure à ceux du premier round. La plupart se résolvent pourtant bien sans hypothèse, mais ils sont construits de manière à ce que les joueurs doivent repérer beaucoup plus de choses pour pouvoir le résoudre, et donc y passer plus de temps. J'arriverai à en résoudre 6, laissant de côté un sudoku à 28 points et un autre à 36 points.

Bilan : 166 points (58% du score de Jakub Ondrousek, qui a résolu toutes les grilles en moins de 28 minutes pour un score de 286 points). C'est mieux que le premier round de sudoku classique, sans être exceptionnel. Je sais que j'ai plus de mal à être efficace sur les sudokus classiques à partir d'une certaine difficulté. Il me reste du travail dans ce domaine pour m'approcher des meilleurs. Je n'ai pas fait d'erreur sur ce round et j'ai résolu toutes les grilles que j'ai entamées, mais, une fois de plus, difficile de parier sur une remontée au classement général avec ce résultat.

Cinquième round – « + – × ÷ » (comprenez : variantes avec calcul mental) – 40 minutes – 250 points


Le calcul mental n'est pas mon point fort, même si mon meilleur round des championnats du monde 2012 fut celui-là. L'épreuve contient 2 grilles que je vais éviter au premier passage : le product sudoku, variante que je n'aime pas, et le mathdoku qui vaut 55 points et donc d'une difficulté importante. Le risque de perdre beaucoup de temps sur cette grille est grand ! Le round débute, je résous le sum sudoku, puis le killer et le arrow sudoku (avec un peu de peine). Je passe le outside sum, qui ne vaut que 10 points, il pourrait être utile en fin de round s'il reste un peu de temps, mieux vaut se concentrer d'abord sur les grilles valant plus de points. Je résous le star product sudoku, certainement pas aussi rapidement que les meilleurs, mais tout de même sans difficulté, puis le ratio sudoku, dont la fin me pose quelques problèmes. Pas le temps de me pencher sur le petit outside sum, le gong retentit. Avec 5 grilles résolues, l'épreuve me semble assez bien réussie, sur un terrain que je n'apprécie pas toujours, mais...

Bilan : 129 points (66% du score des 6 meilleurs joueurs de ce round : 195 points). Mazette ! J'ai laissé 3 cases vides dans le killer sudoku, ce qui me coûte 26 points ! L'après-midi semblait s'annoncer mieux que la matinée, mais ce couac vient couronner une journée mal négociée. Ma position se situant autour de la 30ème place sur ce round, rien ne pourra me rapprocher de la place que j'espère au classement général. A noter que c'est le premier round qu'aucun joueur n'a pu terminer. Avec 195 points, les meilleurs joueurs se sont sûrement cassé les dents sur le mathdoku qu'ils n'ont pas eu le temps de résoudre.

C'en est terminé des rounds individuels de cette première journée. Nous pouvons dès lors nous concentrer sur les épreuves par équipe.


L'équipe Suisse

Sixième round (équipe) – Ball sudoku – 25 minutes – 750 points


Le but du jeu est de résoudre 6 sudokus 9*9 à l'aide des 12 pièces 4*4 qu'il faudra placer dans chaque coin des grilles 9*9 pour pouvoir former une balle en collant toutes les pièces. Pas clair ?
Un peu similaire au round 3; je ne suis pas un grand fan de ces pièces qu'il faut agencer correctement pour trouver la solution... L'équipe avait pris la décision de commencer à résoudre les sudokus 9*9 jusqu'à ce qu'on ait besoin des petites pièces pour terminer la résolution des grilles. C'était une mauvaise stratégie puisqu'il n'était possible de placer que très peu de chiffres dans chacune des grilles individuelles. Il fallait changer de stratégie sans tarder et essayer de trouver quelle pièce pouvait correspondre à chaque coin des 6 sudokus. Mais le temps peut parfois passer à une vitesse folle et nous avions l'impression qu'il nous échappait. Christof trouva l'agencement d'une ou deux pièces, mais c'était insuffisant. Le gong retentit sans que nous ayons eu le temps de résoudre un seul sudoku. Mauvaise stratégie, manque de réaction... Cette épreuve a surpris plus d'une équipe puisque seuls les Polonais parvinrent à résoudre plus de deux grilles : avec 4 sudokus résolus, ils firent 480 points. 20 équipes sur les 45 équipes (y compris les équipes non-officielles) présentes ne marquent aucun point sur cette épreuve.

Septième round (équipe) – Match sudoku – 30 minutes – 800 points


Nous avons 8 variantes à résoudre, valant chacune 100 points. Aucune ne peut être résolue seule. Chaque grille a une « jumelle » : une autre variante qui a la même solution. Nous devons reconstituer les 4 paires pour pouvoir résoudre les grilles. Les types de variantes nous ont été donnés le matin lors de la séance de questions. Parmi ces types, le sudoku odd/even pourrait être la clé, sa jumelle devrait être assez facile à trouver. Nous décidons que dès qu'une première paire est trouvée, je m’attelle à la résolution étant donné que je suis théoriquement le joueur le plus rapide de l'équipe. Après quelques minutes, nous trouvons que le sudoku odd/even et le sudoku inégalité forment une paire. Je commence donc la résolution, je travaille sur une seule grille après avoir copié les inégalités (< >) dans le sudoku odd/even. La grille n'est pas trop difficile et j'en viens à bout. Il faut ensuite recopier la solution dans l'autre grille pour que les deux soient validées. Une fois fait, je me rends compte que mes coéquipiers ont eu de la peine à former les autres paires. Aucune des 3 autres paires n'est sûre. Je reprends donc l'analyse des grilles avec eux. Nous concluons que la jumelle du windoku ne peut être que le sudoku diagonal. Il reste plus de 10 minutes, je m’attelle à la résolution de cette grille avec les deux règles combinées. Malheureusement, je ne parviendrai pas à la résoudre. Après discussion avec des équipes de pointe, il s'avère que cette paire fut la plus difficile à résoudre, impossible sans faire d'hypothèse. Certaines équipes, quoique ayant déterminé les paires après seulement 5 minutes, n'ont pas été capables de résoudre celle-ci. Deux équipes parviennent toutefois à résoudre toutes les grilles : la France (830 points – une minute avant la fin) et la Chine (800 points). Nous faisons 200 points avec une paire de grilles résolues. 19 équipes font mieux que nous avec au moins 400 points.

Huitième round (équipe) – Mah-jong sudoku – 30 minutes – 800 points


Pour cette dernière épreuve par équipe, les Chinois nous ont préparé un sudoku que nous devons résoudre avec des pièces du jeu mah-jong. Il y a 3 suites de pièces différentes et un plateau avec des indications que nous devons suivre. Des lignes rouges, bleues, vertes sont dessinées sur le plateau et ont une signification particulière – lire, comprendre et assimiler les règles de ce jeu avant le tournoi était une partie importante de la réussite de cette épreuve. Certaines lignes donnent des indications assez évidentes (la ligne rouge de 9 cases par exemple, pour ceux qui auraient lu le livret d'instructions), de sorte que le début de la résolution est assez clair. Peu à peu nous avançons, chacun apportant sa contribution pour faire avancer le jeu et placer des pièces supplémentaires. Nous avons bien débloqué la situation mais plus la résolution avance, plus il semble difficile de placer des pièces, en raison surtout de la présence des 3 suites. Nous devons absolument en tenir compte, sous peine de se voir retirer des points si des pièces sont placées incorrectement. Au bout des 30 minutes, nous avons placé 44 des 81 pièces, elles étaient toutes justes, donc nous avons marqué 440 points.
C'est le round par équipe que j'ai préféré. Le fait d'être dans une équipe dont le niveau des joueurs est assez inégal n'a pas posé de problème ici. Chaque joueur était utile, c'était vraiment un travail d'équipe.


Mah-jong sudoku

Bilan de cette première journée :
A l'issue de cette première journée, je suis classé officiellement à la 29ème place. Un peu décevant étant donné que je vise une place dans le top20. Les points négatifs sont les quelques bourdes sur des grilles que j'avais pourtant résolues ou quasiment résolues, et je n'ai pas été bon dans les rounds de sudoku classique. Ma performance dans les épreuves de variantes était passable, sans plus, pas de quoi réussir un bon classement. Il reste 3 épreuves à jouer: une deuxième épreuve de variantes de 88 minutes, un deuxième sprint de 15 minutes avec 5 classiques connectées entre elles par une ou deux régions et un dernier round de variantes de 35 minutes. Je dois essayer de faire mieux pour remonter au classement et me rapprocher le plus possible de la 20ème place sur laquelle j'ai moins de 100 points de retard. Dans le haut du classement, Tiit Vunk a réalisé une journée parfaite, ayant déjà acquis presque 200 points d'avance sur son poursuivant le plus proche, Bastien Vial-Jaime qui réalise lui aussi une solide performance sur cette première journée. Mon voisin de table, le Coréen Seung-Jae Kwak, qui participe aux championnats pour la première fois, se classe au troisième rang.

Après cette journée bien remplie, les 10 meilleurs joueurs de l'année doivent encore s'affronter pendant environ 45 minutes dans la finale du GP (voir ce message).


dimanche 27 octobre 2013

Championnat du monde de sudoku 2013 - Beijing - Premier chapitre

C'est un peu grippé que je prends le train pour Genève vendredi matin 11 octobre. Un long trajet m'attend jusqu'en Chine, où se déroulent les championnats du monde de sudoku. je retrouve Christof, mon coéquipier suisse, à l'aéroport de Genève, d'où nous irons à Zürich, le prix du billet par rapport au vol direct étant bien meilleur marché, allez comprendre pourquoi. Quelques joueurs transitent également par Zürich et prennent le même vol que nous en direction de Beijing : l'Allemand Michael Ley et l'équipe de France presque au complet : un joueur a malheureusement manqué son vol à Paris, à cause des grèves notamment. Je fais la connaissance de Timothy, un joueur de 22 ans plein de talent, qui participe à ses premiers championnats du monde. Le vol fut presque sans histoire, quelques grilles pour ne pas perdre la main, un film pour passer le temps et c'est avec un gros rhume que je descends de l'avion à Beijing. Contrôle d'immigration, douane, récupérer les bagages, attendre quelques Polonais qui nous retrouvent à l'aéroport, puis nous prenons le bus en direction de l'hôtel. Cette première journée sera dédiée à la récupération (long voyage, peu de sommeil), puis nous assistons à la cérémonie d'ouverture devant le magnifique château dans lequel se déroulent les compétitions. Au souper, j'apprends que mon collègue de chambre est Rishi Puri, un Indien avec lequel j'ai beaucoup de contacts sur internet, mais que je n'ai encore pas eu l'occasion de rencontrer puisqu'il n'a pas participé aux deux derniers championnats du monde.


Le château dans lequel se déroulent les épreuves

Le dimanche sera consacré à quelques visites : la grande muraille évidemment, les tombeaux des Ming et le parc olympique (stade et piscine olympique - « watercube »). Des photos des équipes sont prises sur le site de la grande muraille, puis nous avons tout juste le temps d'aller gambader un peu sur cette dernière. Déjeuner dans un restaurant, où nous avons la chance de déguster des spécialités culinaires chinoises, puis direction tombeaux des Ming. Après quelques dizaines de minutes, la route est barrée, nous devons faire demi-tour sans avoir eu l'occasion de visiter ces tombeaux. La fin de la journée sera consacrée à la visite du parc olympique, puis nous rentrons à l'hôtel pour le repas. Encore une nuit de sommeil pour finir de récupérer du décalage horaire, demain commence la compétition avec 5 épreuves individuelles et 3 épreuves par équipe. Longue journée en perspective, qui se terminera par la finale du GP pour les ténors de la discipline.


Intrigante scène sur la Grande Muraille


Photo de groupe

Lundi matin, après avoir dormi 9 heures, je me sens en forme pour le début de la compétition. Une séance de questions/explications est prévue à 9 heure, qui n'apportera pas beaucoup de nouvelles informations.

Premier round – classic sudoku – 30 minutes – 200 points


Nous sommes en terrain connu : un sudoku 4x4 (!), 3 sudokus 6x6 et 14 sudokus 9x9, dont la difficulté ne devrait pas être énorme. J'ouvre le livret un peu au hasard et commence par résoudre les sudokus valant 15 points. Dès le début, je sens que mon rythme n'est pas aussi élevé qu'il pourrait l'être, il me faut pas mal de temps pour repérer certaines évidences. Arrivé au sudoku valant 16 points, je fais une erreur stupide en cours de résolution. Je décide de laisser tomber cette grille et me concentre sur les sudokus valant moins de points, revenant progressivement en arrière jusqu'à la page contenant les sudokus de petite taille. Il me reste juste assez de temps pour terminer les sudokus 6x6, malheureusement je fais une erreur sur l'un d'eux. Le gong retentit déjà ! les 5 grilles valant le plus de points ne sont pas résolues, ce n'est pas terrible...

Bilan : 110 points (49% du score de Kota Morinishi : 224 points). Pour la troisième année consécutive, je rate mon entrée dans la compétition. Certes, je ne prétends pas pouvoir rivaliser avec les meilleurs en rapidité sur les sudokus classiques, mais de là à devoir me battre pour être dans les 50 premiers...

Deuxième round – variantes communes – 88 minutes – 600 points


Nous entrons dans le vif du sujet avec le premier des deux rounds les plus longs : 88 minutes. 18 variantes diverses, allant du sudoku extra-regions jusqu'au fortress sudoku, en passant par le sudoku non-consécutif, le tight fit sudoku, le no touch sudoku, disjoint groups, kropki, etc... Vous l'aurez compris, il y en a pour tous les goûts. Le non-consécutif rapporte 49 points, tandis que le ring semble la grille la plus facile avec ses 20 points. Je décide de résoudre les sudokus dans l'ordre présenté, en sautant ceux qui me plaisent moins, ou sur lesquels je suis moins à l'aise. Le sentiment que je garde de ce round est que mon nez commença à couler, et, devant me moucher très souvent, la qualité de ma concentration en prend un coup. Néanmoins, les grilles présentées sont de qualité et me plaisent beaucoup, le pyramid sudoku ne me pose pas de problème – certains diront qu'ils l'ont trouvé assez difficile – je résous le property sudoku, puis le sudoku non-consécutif qui n'est pas évident, mais n'est pas comparable avec celui qui nous a été présenté l'année dernière qui était d'une difficulté délirante. Après le tight fit, je peine quelque peu sur l'inequality sudoku, mais parvient tout de même à le résoudre. Je suis ensuite bloqué sur le no touch sudoku qui ne vaut pourtant que 28 points, j'y reviendrai plus tard pour constater que j'avais loupé une évidence. Je résous ensuite le disjoint groups, l'extra-regions, le kropki (quoique lent à trouver l'ouverture), je fais une erreur sur le non-main diagonals que je laisse tomber. L'interconnected ne résistera pas trop. Je regarde le fortress, mais ne trouve pas l'ouverture, donc je l'abandonne au profit de l'iso-sudoku qui, malgré ses 47 points et le fait que je me considère lent sur ce genre de grilles, ne me demandera que 6 minutes d'effort. J’enchaîne avec le six-point star sudoku qui n'est pas difficile (mais 5 chiffres erronés me coûteront les 21 points). Je tente encore le nine dragons en fin de round, mais il me manquera un peu de temps pour le terminer.

Bilan : 374 points (62% du score de Tiit Vunk, qui fut le seul à résoudre tous les sudokus de ce round : 600 points). C'est un peu mieux que le premier round, mais je ne me sens pas entièrement dans le coup. Le fait de sentir un manque de rythme me fait oublier les fondamentaux de sécurité, notamment vérifier que toutes les cases soient remplies une fois la grille résolue. Une (demi)-case vide sur le tight fit me coûte 10 points, une erreur en fin de résolution de la six-point star m'en coûte 26. Avec une telle concurrence, perdre 36 points bêtement et faire plusieurs erreurs en cours de résolution de grilles pourtant faciles en seulement 2 rounds, c'est beaucoup trop ! Espérons que je puisse corriger cette tendance dans les prochains rounds.

Troisième round – Jigsaw sudoku – 15 minutes – 100 points


L'épreuve à craindre arrive en fin de première matinée. Une épreuve courte où il y a tout à perdre. Nous devons reconstituer un sudoku avec 12 régions à l'aide de pièces contenant des chiffres, que nous devons placer correctement pour avoir une chance de résoudre le sudoku. Pour que ce round ne soit pas « tout ou rien » avec les 100 points à la clef, les organisateurs ont prévu 3 enveloppes. Les pièces de la première contiennent peu de chiffres donnés, et c'est seulement avec ces pièces-là que nous pouvons obtenir 100 points et/ou des points de bonus temps. Si nous ouvrons la deuxième enveloppe et que nous résolvons la grille, nous obtiendrons 50 points (pas de bonus temps possible) et si nous choisissons d'ouvrir la troisième enveloppe, dont les pièces contiennent le plus de chiffres, le nombre de points possibles descend à 20. Mon plus grand souhait est que la partie la plus difficile soit la résolution de la grille, et que l'agencement des pièces puisse être trouvé de manière logique. En effet, je suis tout sauf fan de ce genre de grilles qui se résout plus rapidement par une combinaison chance/intuition/observation que par la logique.


Les trois enveloppes et leur contenu

L'épreuve commence, j'ouvre l'enveloppe A, bien déterminé à résoudre le problème le plus difficile. Première déception, seulement 4 pièces sont constituées de 2 régions de 9 cases, 4 autres pièces sont constituées d'une seule région. Les pièces contiennent pas mal de chiffres, de sorte que la difficulté sera bien de placer les pièces, et, une fois les pièces placées, la résolution ne devrait pas constituer un problème. Bref : l'inverse de ce que j'espérais ! Après 4 minutes d'essais infructueux et improductifs, étant déjà un peu énervé, j'ouvre l'enveloppe B. Je cherche un moyen logique de placer toutes ces pièces mais je m'y prends mal, et je perds passablement de temps. Tout cela ne mène nulle part. Le désespoir commence à faire son œuvre lorsque je décide de tenter de sauver 20 points en ouvrant l'enveloppe C, à moins de 4 minutes de la fin. Surprise : tous les chiffres sont donnés sur les pièces, il suffit de trouver l'agencement et de recopier les 108 chiffres dans la grille. Néanmoins, je peine aussi ici à trouver la bonne configuration, le temps file à toute allure et le stress gagne du terrain. Au moment où la bonne configuration est trouvée, je copie les chiffres le plus rapidement possible, j'écris comme un cochon mais tant pis... 30 secondes... 10 secondes.... je place mon dernier chiffre au moment du gong final !

Bilan : 20 points sauvés sur ce round qui ne m'a pas plu. 9 joueurs ont fait 100 points ou plus (Tiit Vunk, Jan Novotny et Zuzana Hromcova – une talentueuse joueuse Slovaque de moins de 18 ans – en firent 148). Parmi ces 9 joueurs, je ne suis pas certain que quelqu'un ait résolu la grille de façon logique, les joueurs avec qui j'ai parlé m'ont dit avoir eu un peu de chance mêlée à l'intuition. De nombreux joueurs ont fait 0 point sur ce round, y compris de très bons joueurs comme Jin Ce et Kota Morinishi que nous retrouverons au dernier stade de la compétition. Ceci dit, une fois de plus, je marque peu de points et ce n'est pas ça qui va m'aider à remonter au classement. Après cette troisième épreuve, je pointe au 29ème rang officiel.

samedi 13 octobre 2012

Championnats du monde (WSC) 2012


Du 1er au 7 octobre ont eu lieu les championnats du monde de sudoku (WSC) et de puzzles (WPC) en Croatie. Qualifié d'office en sudoku, en tant que champion Suisse en titre, je me suis également qualifié en puzzle en terminant 2ème des qualifications suisses au mois de Juin.
Nous arrivons le lundi durant la journée, une cérémonie d'accueil, un repas et déjà une séance de questions concernant le livret d'instructions WSC remplissent la fin de la journée. Le calendrier est raccourci d'une journée par rapport à l'an dernier. Ainsi tous les rounds du WSC sont contenus sur une journée, exceptés les playoffs.




WSC

Mardi, après une séance photo de toutes les équipes et une photo de tous les acteurs, une longue journée nous attend: nous jouerons de 10h à 20h10, avec des pauses de 15 minutes entre chaque round et une pause de 2h en milieu de journée. Le championnat est composé cette année de 7 rounds individuels et 2 rounds par équipe, chaque round étant inspiré de personnages de dessins animés

1er round: Pinocchio, 25 minutes (+5).

Ce 1er round est composé de grilles classiques, à la différence près que 3 chiffres sont notés différemment (blanc avec un contour noir). Parmi ces 3 chiffres, 2 sont justes seulement, et un est faux (le « pinocchio »). Nous n'avons pas à compléter toute la grille: seuls la valeur du pinocchio et le contenu de 3 cases choisies par les organisateurs nous sont demandés. J'avais bien préparé ce round au niveau technique, ayant réfléchi aux différents configurations qui pouvaient survenir. L'aspect technique le plus intéressant est qu'une case « voyant » 2 chiffres identiques et marqués ne pouvaient contenir cette valeur (technique qui était très utile sur l'avant-dernière grille).
Malheureusement, j'ai sous-estimé l'effet que pouvaient avoir les chiffres marqués, à savoir que visuellement, il était difficile de considérer une case contenant un tel chiffre comme vide, et donc pouvant recevoir un autre chiffre, ce qui allait occasionner plusieurs erreurs de ma part. La grandeur des grilles (une grille par page A4, avec largeur quasiment maximale) m'a aussi quelque peu surpris, mais ça ne peut être une excuse...

Bilan: 26 points (très loin de Jakub Ondrousek qui, avec 25 points de bonus, marque 75 points), 38ème place. Bref je prends clairement un mauvais départ, comme l'an dernier.

2ème round: Smurfs, 80 minutes.

Le 2ème round est le plus long de la journée. Avec ses 80 minutes, il sera clairement différent du premier round. Il faut engranger un maximum de points et ne pas s'endormir au fil des grilles.
Ici, c'est presque un round de sudokus classiques, sauf que 3 sudokus sont toujours liés entre eux, et contiennent 2 cases marquées qui doivent contenir les même chiffres. (De plus, n'oublions pas la règle que ce nombre de 2 chiffres liant 3 sudokus, doit être différent pour chaque « smurf », c'est à dire pour chaque ensemble de 3 sudokus. Cette dernière règle est clairement une mauvaise idée. Les joueurs qui avaient décidé de commencer par les 3 dernières grilles n'avaient aucune chance de trouver la solution sans faire d'hypothèse, puisqu'il fallait connaître la valeur d'un autre « smurf » pour déterminer celui-ci...).
Cette mésaventure ne m'est heureusement pas arrivé, j'ai commencé par résoudre les premières grilles. Premier soulagement: pour les grilles avec peu de points, il est très facile de déterminer la valeur des 2 cases « smurf », de sorte que l'exercice se transforme ensuite en sudoku classique.
Les grilles proposées, manquant un peu d'esthétique car non-symétriques, ne sont pas faciles, mais toutes peuvent être résolues sans devoir employer des techniques avancées, c'est-à-dire en compétition sans faire d'hypothèse. Je démarre l'épreuve assez bien, puis ai l'impression de me ramollir un peu, mais c'est sans doute parce que certaines grilles sont assez dures à résoudre.
J'ai manqué quelques candidats uniques (naked singles), comme toujours difficiles à voir. Pas trop d'erreurs en cours de résolution, de sorte que je m'en tire plutôt bien sur ce round.

Bilan: 79 points (Kota Morinishi en marquera 138 et prendra déjà un écart substantiel sur ses adversaires), 12ème place. Pas trop mal ! Il est intéressant de noter que les 8 meilleurs sur ce round seront les 8 premiers à l'issue des 7 rounds qualificatifs (pas dans le même ordre, certes), de sorte qu'on pourrait avoir l'impression que les rounds suivants n'ont eu aucun effet.

3ème round: Snow White and the Seven Dwarfs (blanche neige et les sept nains), 45 minutes.

Dans ce round, nous sommes confrontés à 7 petites grilles (des grilles 6*6 principalement), qui sont liés les unes aux autres: nous devons trouver la valeur de chacun des 7 nains pour pouvoir résoudre chaque grille et ensuite avoir une chance de résoudre la 8 grilles, une irrégulière diagonale plutôt retors, dans laquelle il fallait commencer par placer les 7 nains (chiffres de 1-7) dans les cases marquées suivant des règles assez compliquées. Après 20-25 minutes à peu près, j'ai résolu 6 petites grilles, je suis bloqué sur la 7ème (une halved squares dont je n'aurai finalement rien compris), et je décide alors de m'attaquer à la 8ème grille, qui rapporterait beaucoup de points (30, à comparer aux 9 points de la halved squares...). Après quelques minutes et 2 ou 3 chiffres placés, je me rends compte que la dernière grille, même en faisant une hypothèse, sera très dure à résoudre. Je reviens donc sur la halved squares, dont j'arrive à trouver la solution (le mot résoudre serait un peu fort, puisqu'il m'a fallu 3 hypothèses – qui ne se sont pas toutes avérées justes – pour en venir à bout). Restaient ensuite 5 minutes, pendant lesquelles j'ai vérifié si toutes les cases étaient bien remplies sur les grilles que j'avais résolues, et tenté de continuer l'irrégulière diagonale, dont je savais bien que je ne résoudrais pas dans les temps.

Bilan: 60 points (le vainqueur de ce round est le Hongrois Zoltan Horvath avec 98 points), 6ème place (ex æquo avec 21 concurrents). 5 personnes seulement ont pu résoudre la dernière grille valant 30 points, dont 4 ayant résolu les 7 autres et marquent ainsi quelques points de bonus. A part ces joueurs, ce round n'aura pas servi à grand chose, vu le peu d'écart entre les concurrents (70 joueurs ont marqués 50 points ou plus). Après quelques jours, je suis revenu sur la dernière grille et me suis rendu compte que je m'étais trompé de ligne concernant les indices à droite: ils étaient bien en face de la 3ème ligne et non de la 2ème ! Mazette, la grille était bel et bien difficile, mais sans ce faux-pas stupide, peut-être aurais-je pu la résoudre, vu le temps que j'ai passé dessus !

4ème round: The Muppet Show, 60 minutes.

Après 2 heures de pause bienvenues, consacrées au repas et une petite sieste de 20 minutes, nous voici de retour aux affaires pour un round qui s'avère compliqué: non seulement il s'agit uniquement de grilles irrégulières et irrégulières diagonales, que je n'apprécie pas toujours, mais une fois de plus toutes les grilles sont liées entre elles. Sur chaque grille il y a 9 cases contenant les figures de personnages du Muppet Show, chacun de ces personnages correspondant au même chiffre sur les 15 grilles.
Une fois le départ donné, tout le monde commence à tourner les pages frénétiquement pour trouver des indices concernant la valeur des personnages, sans quoi aucune grille ne pourra être résolue. Ce n'était pas le moment le plus marrant du championnat, tâche plutôt fastidieuse et sans intérêt. Le plus important pour moi était de ne pas faire d'erreur et d'associer les chiffres 1-9 de manière correcte aux personnages, sinon le round pourrait tourner à la catastrophe. Ensuite, éviter les erreurs également sur la résolution de la (des) première grille. En effet dans le cas contraire, difficile de savoir s'il s'agissait d'une erreur de résolution ou d'une erreur concernant les personnages. Bref, vous l'aurez compris, les erreurs pouvaient être fatales sur ce round.
Je pense avoir mis plus de temps que les autres joueurs dans la première partie de l'épreuve, étant très précautionneux. Ensuite, les sudokus proposés se sont avérés difficiles, il était impossible de compléter toutes les grilles de ce round. Avec 5 grilles résolues seulement, je me situais certainement assez loin des joueurs de mon niveau.

Bilan: 34 points (Jan Mrozowski en fit 86, performance remarquable), 31ème place. Sans être catastrophique, ce round est plutôt faible. Je savais que j'aurais du mal à être au contact des meilleurs ici, mais le prochain round contient beaucoup de variantes nécessitant du calcul mental pour être résolues, ce qui est très certainement mon 2ème point faible. Comment faire pour me sortir de ce piège?

5ème round: Professor Balthazar, 60 minutes.

Additions, multiplications, soustractions, divisions... Tout était présent dans ce round pour nous rappeler que les notions algébriques fondamentales apprises à l'école peuvent encore nous être utiles, et que l'usage de la calculatrice pendant une bonne dizaine d'année a confortablement ralenti nos (mes) neurones en ce qui concerne le bête calcul mental !
Pour ne pas arranger les choses, le soleil s'invitait à la fête et une bonne partie des joueurs, dont je faisais partie, étaient bien embêtés pour y voir clair sur leurs grilles ! Cela explique-t-il le nombre d'erreurs que j'ai commises en début de round? Nous ne le saurons jamais. Reste que sur les 4 premières grilles tentées, j'ai fait 3 erreurs, ce qui est énorme ! Je suis tout de même resté calme. Pour la première fois depuis le début de la journée, j'avais l'impression d'avoir un rythme de résolution très élevé. Les grilles étaient bien construites (mon round préféré), pas trop dures, mais avec quand même pas mal de trucs à voir pour en venir à bout. J'ai pris la décision de ne pas tenter de corriger les erreurs tout de suite, je passais donc directement à la grille suivante pour maintenir mon rythme, je reviendrais sur les grilles fausses dans un 2ème temps. Après quelques grilles complétées, je revenais sur 2 grilles avec des erreurs que je recommençais après avoir tout effacé. Cette fois-ci, plus d'erreur. A 2 minutes de la fin, j'avais fait 9 grilles, il n'y avait plus assez de temps à disposition pour tenter d'en résoudre une dixième entièrement, et mon killer sudoku était visiblement faux. Tout à coup, je me suis souvenu que la règle du killer sudoku était un peu différente de la règle usuelle (point sur lequel j'ai fait beaucoup d'efforts pour essayer de ne pas l'oublier, mais au moment opportun, les vieux réflexes ont agi...), bref, je comprends où est l'erreur, il s'agit d'effacer quelques chiffres et de reprendre la résolution, mais il restait moins de 2 minutes: il fallait foncer ! montée d'adrénaline ! Vite, vite, vite, plus que 30 secondes ! Dernier chiffre inscrit dans la grille, je lève la tête: IL RESTAIT 8 SECONDES AU COMPTEUR ! Restait à espérer que l'urgence de la situation ne m'ait pas fait commettre une erreur. Ce ne sera pas le cas.

Bilan: 75 points (Jan Mrozowski arriva à un total de 98 points), 9ème place. Mon meilleur round de la journée, compte tenu du fait que je me considère assez lent sur les grilles nécessitant du calcul mental, et ceci malgré des erreurs dans 3 grilles, ce qui est beaucoup. Le fait d'avoir éviter les grilles nécessitant des multiplications (exceptée la star product) était probablement un bon choix.

6ème round: Disneyland, 50 minutes.

14 variantes assez diverses à résoudre en 50 minutes, autant dire mission impossible si les grilles ont l'acabit des championnats du monde. Il faudra donc choisir les types de grilles sur lesquelles je me sens à l'aise. Malheureusement, pour la plupart, ces grilles valent peu de points. Même si la difficulté n'est pas énorme, résoudre un sudoku laminate en 2 minutes, c'est très difficile. Je tente également le sodoku non-consécutif, qui vaut 12 points, mais il est vraiment très très dur (je n'arriverai pas à le résoudre sans hypothèse, même après la compétition), bref après 2-3 minutes, je laisse tomber. L'outside sudoku est très cher: pour 5 points (donc théoriquement 2 minutes 30), je passe pas loin de 10 minutes dessus ! Les grilles que j'ai évité dans ce round étaient les grilles où il fallait placer des pièces ou des séries de nombres qui étaient à l'extérieur de la grille (Antz, Bianca et Goofy pour ceux qui auraient lu le livret d'instructions), sur lesquelles bien souvent une combinaison d'observation et d'intuition peut être plus efficace que la logique pure. Ayant résolu ces grilles après la compétition, je pense que j'ai eu tort de les laisser de côté. Elles valaient souvent plus de points, mais ne demandaient pas plus de temps à résoudre que celles sur lesquelles je me suis penchées. 8 points de perdus sur la Wall-E complétement bloquée (loupé un truc pas évident mais pas monstrueux non plus)...

Bilan: 35 points (2 fois moins que le meilleur, Kota Morinishi et ses 69 points), 24ème place. Aurais pu un peu mieux faire. La difficulté des grilles a pour effet que les écarts sont très faibles. Ce round aura finalement très peu d'importance dans le classement final. Au contraire du dernier round individuel, quoique très court !

7ème round: TNT, 10 minutes.

Juste le temps de boire un café avant ce sprint de 10 minutes. 3 grilles interconnectées à résoudre: un sudoku classique 9*9 (qui vaut 12 points) relié à 2 sudokus irréguliers 7*7 (9 points chacun). Des bonus sont accordés aux 10 premiers ayant trouvé la solution correcte (comme pour le premier round). Il faudra être rapide et ne pas faire d'erreur pour espérer marquer des points. J'entame la résolution par la classique du milieu qui semble plus facile. Mais ensuite il faut des indices des autres grilles pour la terminer. L'irrégulière du haut semble également se débloquer: ouf déjà une grille résolue. A 3 minutes de la fin (alors que les premiers ont déjà terminé, histoire d'apporter un peu de stress supplémentaire), alors que j'avais terminé une irrégulière et étais sur le point de finir la classique (selon mes estimations, avec ce rythme-là, j'aurais pu terminer ce round juste avant la limite, ou en tous cas avoir 21 points facilement): DAMNED: je constate une erreur. Je prends 30 secondes pour essayer de corriger, mais impossible. J'ai alors le choix de tout effacer et recommencer, mais en guère plus de 2 minutes, je n'aurai certainement pas le temps d'en terminer une seule, ou laisser ainsi et espérer que la solution de ma première irrégulière soit cohérente avec la solution globale (sinon, pas de point...). Bref, complétement pris au piège, je n'arrive plus rien à faire pendant les 2 dernières minutes, et lorsque le gong de fin retentit, le sentiment dominant est la frustration.

Bilan: 0 point (le plus rapide sur ce round est un jeune Chinois de 15 ans, Jin Ce, qui a résolu ces 3 grilles en moins de 6 minutes, si mes souvenirs sont bons et prend ainsi les 55 points) ! L'erreur que j'avais faite s'était malheureusement propagée sur la grille complétée... Seuls 43 concurrents marqueront des points sur ce round. Parmi ceux qui ont manqué le coche se trouvent de très bons joueurs, citons par exemple les 2 Japonais Kota Morinishi (dont l'avance énorme sur ses concurrents lui permet tout de même de garder sa première position après cette débâcle), et Hideaki Jo (qui, lui aussi garde au chaud une place pour les playoffs). La bonne nouvelle est que ce round, bien mené par mon ami Bastien Vial-Jaime, qui finit en 3ème position et marque ainsi 48 points, va lui permettre d'atteindre la 6ème place, synonyme d'accession à la phase finale qui aura lieu le lendemain (EDIT: en fait, il occupait déjà le 6ème rang après le 6ème round, mais un zéro pointé sur ce round lui aurait été fatal). Ce round, qui s'apparente tout de même un peu à la roulette russe, a eu un effet considérable sur le classement par rapport à sa durée (10 minutes). Donner 55 points au meilleur sur une grille à 10 minutes, qui en fait s'est avéré être une grille à moins de 6 minutes pour le meilleur, ce qui signifie un gain de presque 10 points par minute, alors que le vainqueur du round 6 n'a obtenu que 1,38 points par minute est tout fait disproportionné à mon goût.
Certaines grilles valant 5 points (l'outside sudoku par exemple) étaient aussi dures que cette grille pouvant rapporter 55 points. Je ne suis pas contre le fait qu'il y ait des rounds très courts, fait pour les « sprinters », avec un peu plus de points par minute à la clé, mais les organisateurs ont donné à ce round une trop grande importance à mon goût.


Bilan individuel global: Ce dernier round me fait perdre quelques places. Je finis donc à la 21ème place. C'est tout de même 22 places de mieux que l'année passée. Je pense que ce classement reflète assez bien mon niveau actuel. Contrairement à l'an passé où le bilan était mitigé car j'estimais avoir très mal joué par rapport à mes capacités, je pense que cette année j'ai joué à mon niveau. Bien sûr, après un tel tournoi, on fait le compte des erreurs, surtout celles qu'on pense pouvoir éviter. J'ai quelques petits regrets par rapport aux rounds courts (le premier et le dernier), sur lesquels je pense que j'aurais du être capable de faire plus de points. Malheureusement pour moi, ces rounds avaient plus de poids dans le classement final que les autres, compte tenu de leur durée. Mais même sans tenir compte de ces 2 rounds, mon classement ne m'aurait pas permis d'atteindre les playoffs réservés aux 8 meilleurs joueurs.

Le classement individuel final.

Restaient encore 2 rounds par équipe à jouer en fin de journée:

8ème round: Cinderella's diamond (par équipe), 25 minutes.

Nous avons donc 25 minutes pour compléter 12 grilles, qui ont chacune une ou 2 régions en commun avec une (resp. 2) autre grille, formant ainsi un diamant. Une fois celles-ci complétées, nous aurons des indices pour en résoudre une 13ème. Nous commençons par prendre quelques minutes pour commencer la résolution de chaque grille individuelle, espérant que les quelques chiffres supplémentaires vont nous aider à trouver la place de chaque grille sur le diamant. Ensuite nous essayons de former ce diamant, seul moyen de pouvoir réellement résoudre les grilles. Une fois que ce fut fait, nous nous attelons à la résolution des grilles, mais il restait alors très peu de temps. 4 grilles résolues pour l'équipe Suisse sur ce round.

9ème round: Three Little Pigs (par équipe), 30 minutes.

Sur ce round, nous avons 6 sudokus à résoudre. Pour celà, il nous faut placer 18 pièces sur ces 6 grilles, 3 sur chaque grille. La tâche s'avère ardue, le nombre de possibilité de placement de chaque pièce étant très grande... Par intuition, nous réussissons à placer 3 pièces sur une grille et la résolvons. Reste que nous ne sommes pas sûrs que ces placements soient cohérents avec la solution globale. Heureusement pour nous, ce sera le cas, ce qui nous permet d'éviter le zéro pointé !

Le classement par équipe.

2ème journée: les playoffs.

Sont donc qualifiés pour les playoffs, dans l'ordre:

Kota Morinishi
Jan Mrozowski
Tiit Vunk
Jakub Ondrousek
Hideaki Jo
Bastien Vial-Jaime
Chen Cen
Rohan Rao

Le système mis en place par les organisateurs est le suivant: Les quarts de finale verront s'affronter le 1er contre le 8ème, le 2ème contre le 7ème, etc... ensuite nous verrons les demi-finales. Pour ces matchs, le premier ayant remporté 2 manches (chaque manche correspond à un sudoku) remporte la partie et est qualifié pour la phase suivante. Le champion du monde sera celui qui remporte 3 manches en finale. Tous les joueurs doivent résoudre leurs sudokus sur de grands tableaux, avec un marqueur, donc impossibilité d'effacer (ce qui sera inconfortable en quelques occasions pour certains joueurs). Ce système a été beaucoup critiqué par certains joueurs, trouvant que tout cela s'apparentait trop à une loterie (voir par exemple ICI et ICI).
Après avoir vécu ces playoffs en spectateur, et malgré le fait que le favori Kota Morinishi, qui avait littéralement écrasé la concurrence la veille, n'ait pas gagné, je pense que c'était tout sauf une loterie. Certes le facteur chance était présent, mais certains matchs ont tout de même mis en exergue la différence de niveau entre les meilleurs joueurs. Que pouvaient faire Rohan ou Chen face à Kota et Jan... Ces matchs m'ont donné l'impression que, quelques soient les grilles choisies par les acteurs, l'issue allait être fatale aux 2 challengers. Les matchs entre Tiit et Bastien, Jaku et Hideaki s'avéraient plus serrés. Les organisateurs s'en mêlaient en déclarant la solution de Jaku fausse alors qu'elle était parfaitement valable, le déconcentrant avant la dernière grille du match.
En finale, les grilles restantes semblaient très dures et/ou les joueurs fatigués. Le moment clé fut l'irrégulière diagonale sur laquelle Kota sembla bloqué pendant une éternité pendant que Jan, suite à une erreur, fit des acrobatie pour recommencer la grille sans pouvoir effacer les chiffres inscrits ! Jan gagna cette grille, puis confirma sur la grille suivante, une « TNT » sans grille classique au milieu (comprenez 2 grilles irrégulières 7*7 interconnectées). Il obtient ainsi son 3ème titre, et Kota, vainqueur du tournoi de Beijing cette année, et déjà 2ème aux derniers championnats du monde, devra patienter encore un peu avant de conquérir le titre suprême !

Dans l'après-midi, nous fîmes un peu de tourisme en ville de Rijeka (pourquoi les guides s'échinent toujours à commencer les visites par 30 minutes de blabla devant une église?), un repas à Rijeka avant de rentrer à l'hôtel pour 3 jours réservés aux championnats du monde de puzzles (WPC). Mais ceci est une autre histoire, que je ne raconterai pas ici.