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dimanche 1 novembre 2015

Championnat du monde de sudoku 2015 – Sofia

Une courte nuit de sommeil après la finale du GP de sudoku (beaucoup de bruits dans l'hôtel cette nuit-là, des portes qui claquent jusqu'à 3 heures du matin, puis une alarme d'ambulance à l'arrêt qui sonne pendant plus de 30 minutes à 4h...), la première journée du WSC (World Sudoku Championship) pointe son nez. Et quelle journée : 4 rounds individuels le matin – 2 rounds individuels et un round par équipe l'après-midi, pour une durée totale de 5h30 de jeu. Bien plus qu'un échauffement ! Ceux qui visent une place parmi l'élite mondiale devront se mettre tout de suite dans le rythme.
Et ça commence par le traditionnel round de sudoku classique :

Round 1 – Classics – 30 minutes


12 sudoku classiques à résoudre en 30 minutes. Me sachant un peu faible sur ce genre de round, je m'efforce de prendre d'emblée un rythme de résolution élevée, tout en gardant un concentration maximale pour ne pas faire d'erreur. Caramba, encore raté ! Une erreur sur un sudoku à 25 points, que je n'arrive pas à corriger...
Je termine ce round à la 27ème place, j'ai encore des progrès à faire dans ce domaine. 5 joueurs terminent dans les temps, les deux plus rapides étant Kota Morinishi et Vincent Bertrand. Néanmoins ce round est moins catastrophique qu'il eut pu l'être les dernières années pour moi et je sais que la compétition est encore longue.

Round 2 – Assorted – 50 minutes


J'attendais beaucoup de ce round, composé surtout de variantes connues, jusqu'à ce que soit publié le livret d'instruction final avec la distribution des points, 3 jours avant la compétition. Avant cette échéance, je m'attendais à ce que le 1234 sudoku, grille qui est difficilement classable dans la catégorie sudoku, soit un puzzle facile, c'est à dire ne dépassant pas les ~40 points, et que je pourrais dans le pire des cas le laisser de côté sans que mon score soit pénalisé. Mauvaise surprise quand je découvre que c'est la grille la plus cotée de ce round, avec 95 points. Il sera plus difficile de tabler sur la non-résolution de cette grille, ou sur le fait que la perte de temps ne sera pas grande en la résolvant sans préparation. Je profitai donc du samedi après-midi pluvieux à Sofia deux jours avant la compétition pour créer une gille d’entraînement et me concentrer sur les techniques nécessaires pour maîtriser cette grille. Bonne décision car le jour de la compétition, ayant préféré tacler le cube et l'irrégulier, que je n'ai pas bien senti après une courte approche d'environ 30 secondes, je me vois contraint de me lancer dans ce 1234 sudoku. Avec une bonne concentration, je le résous finalement sans trop de problème. Dans les quelques minutes restantes, j'essaie de grappiller encore quelques points en résolvant un sudoku classique. Il me manque malheureusement moins de 5 secondes pour la terminer en fin de round.
Avec 4 grilles non résolues, pour la plupart des grilles faciles, mon score est de 455 points, ce qui est excellent puisque seuls Kota Morinishi et Tiit Vunk font mieux avec 485 points. En 5 participations au WSC, c'est là ma meilleure performance sur un round individuel. En fin de journée, après correction de ces deux premières épreuves, le classement intermédiaire me fait apparaître à une excellente 6ème place. Bon départ donc après 2 rounds !

Round 3 – Assorted – 60 minutes


Ce round me fait un peu peur, car il est composé de sudokus mathématiques, comprenez qu'il faudra être bon et rapide en calcul pour bien s'en sortir. Un de mes points faibles. Objectif : limiter la casse. Sur ce round, c'est le max triplet à 100 points qui tient le rôle d'épouvantail. Pensant qu'il s'agit d'une grille créée par Richard Stolk, qui est un adepte de ce type de grilles, je m'attends certes à une grille difficile mais bien construite et avec une logique intéressante. Je décide donc de la tenter, après avoir résolu quelques sudokus plus faciles. J'y passe un bon moment, mais finis par en venir à bout. A 10 minutes de la fin du round, il me reste à résoudre, outre les 2 classiques, le product arrow, l'outside sums et le inner frame. Aucune de ces 3 grilles ne m'inspirant vraiment, je me lance sur l'outside sum sans grande confiance. J'en viens péniblement à bout.
Je m'en tire plutôt bien sur ce round, à la 10ème place avec un score de 450 points. Un joueur parvient à terminer dans les temps et écrase la concurrence : Kota Morinishi, avec 700 points à la clé. Bastien Vial-Jaime, Tantan Dai et Seunjae Kwak, quoique assez loin de Kota, montrent également leur talent sur ce type de grilles.



Round 5 – Assorted – 80 minutes


En début d'après-midi, nous avons droit au round le plus long de ce championnat. 18 sudokus des plus variés composent ce round sur lequel j'ai bon espoir de bien figurer. Je commence dans l'ordre et les 5 premières grilles tombent sans coup férir, après environ 22 minutes de jeu. Je laisse tomber l'eliminate sudoku, variante qui m'a posé beaucoup de problème au championnat du monde l'an passé. Un petit coup d'oeil sur le GT consecutive sudoku. Visiblement l'entame de la grille a l'air costaude, je décide donc de laisser tomber aussi pour le moment. Les 4 sudokus suivants – search 9, fortress, between, consecutive sequence – ne me posent pas trop de problème. Je me lance sur le consecutive clone, qui visiblement est une grille très bien construite. Je l'apprécie jusqu'au moment ou, proche de la fin de la résolution, une contradiction apparaît, ce qui m'empêche de placer les derniers chiffres dans la grille. Un petit moment pour essayer de repérer l'erreur, mais rien n'y fait... Dans ce cas, la meilleure solution est de passer à une autre grille et y revenir plus tard si le temps le permet. Je me lance sur le mathrax à 90 points, variante qu'il ne faut pas commencer trop tard dans cette épreuve : vu le nombre de points, le temps passé pour le résoudre pourrait être assez élevé. Malgré quelques difficultés et lenteurs, j'arrive à le résoudre. Je résous ensuite le even sandwich sudoku, jette un oeil sur le next to 9, mais ne voyant pas les premiers placements facilement, je décide de retourner sur le consecutive clone. La deuxième résolution ne sera pas meilleure que la première, une autre erreur commise m'empêchant là aussi de placer les 4 derniers chiffres dans la grille.
Le temps passé sur une unique grille sans en récolter les points se fait ressentir sur ma performance réalisée sur ce round. 23ème avec 530 points, assez loin des 750 points de l'Estonien Tiit Vunk. Sans être complètement catastrophique et sachant qu'il est impossible de jouer parfaitement pendant les deux jours de compétition, cette épreuve est plutôt ratée pour moi et les points perdus pourraient me coûter cher. Mais le plus important est de retrouver la concentration pour le dernier round individuel de la journée.

Round 6 – Assorted – 50 minutes


A l'image du 3ème round, cette épreuve est composée de variantes qui ne me conviennent pas toujours : les variantes géométriques ou à régions irrégulières. Je commence par résoudre 3 grilles sur lesquels je devrais néanmoins pouvoir sortir mon épingle du jeu : le parquet, le roman numeral sudoku et le hex sudoku. L'irregular twins sudoku ne m'inspire guère, je me sais très lent sur ce type de grille. Un coup d'oeil au sudoku toroidal à 95 points, la variante dont la difficulté fait peur et sur laquelle, là aussi, je ne me sens pas très à l'aise. La configuration des régions n'est pas trop méchante, je décide donc de m'y atteler. Je ne pense pas avoir fait une résolution parfaite et rapide, mais j'arrive néanmoins à trouver la solution sans trop de peine. Je reviens ensuite sur le scattered sudoku que je résous de la même manière : sans trop de problème mais avec une vitesse peu élevée me semble-t-il. A ce moment-là, je décide de faire un petit break avec un des deux sudokus classiques. Assez de temps restant jusqu'à la fin du round, il me faut faire un choix parmi les grilles restantes, notamment celles à 60 et 65 points. Sans grande conviction je décide d'entamer le missing digit sudoku, dont la logique ressemble un peu au blackout sudoku (en moins pire, haha !). Une erreur est très vite arrivée sur ce type de grille, il faut donc avancer lentement et s'assurer que chaque chiffre placé est juste. J'en viens à bout à environ 2 minutes de la fin du round. Je me lance encore dans le tridoku à 15 points qui pourrait se résoudre très rapidement. Oui mais une erreur stupide m'empêche de trouver la solution, il faudra donc en rester là et passer les quelques secondes restantes et vérifier qu'aucune case vide n'a été négligemment laissée dans les grilles résolues.
Je fais 390 points et limite bien les dégâts en prenant la 10ème place de ce round, perdant seulement 75 points sur le meilleur : le Tchèque Jakub Ondrousek. Je n'espérais pas mieux sur cette épreuve.

Round 7 (par équipe) – Relay – 30 minutes


Les 4 membres de l'équipe ont 3 sudokus à résoudre chacun. Sous forme de relais : une fois le premier sudoku résolu, le joueur donne sa solution au joueur suivant, ce qui permet à ce dernier de résoudre le deuxième sudoku, etc... Le tout dans une ambiance « Il est interdit d'aider ses coéquipiers ». Faisant partie d'une équipe dont l'homogénéité n'est pas le point fort, j'ai posé quelques questions sur le forum WPF avant la compétition pour savoir exactement ce qu'il était permis de faire sur ce round. J'ai bien du constater, à la lecture des réponses vagues des organisateurs, que mes questions dérangeaient. Ils ont quelque peu changé le règlement, nous faisant jouer avec des stylos de couleur, pour pouvoir contrôler quel joueur de l'équipe a résolu chaque grille. Précisant que le but de ce round était que chaque joueur résolve ses propres sudokus, et pas ceux de ses coéquipiers. Avec mes coéquipiers, on décida de jouer comme il était prévu, sans faire de tactique agressive où je tenterais de gagner du temps en finissant la résolution des grilles de mes coéquipiers. De toute manière, certains joueurs allaient passer du temps à ne rien faire pendant cette épreuve. Dans notre équipe, ce fut moi : 5 minutes de jeu, 25 minutes de tranquillité sur ma chaise... Superbe épreuve par équipe ! Certes, deux de mes coéquipiers n'ont pas joué de manière optimale sur cette épreuve, mais je ne peux m'empêcher de penser que cette épreuve était très mal conçue.


L'équipe suisse sur le 11ème round


Deuxième journée :


Un coup d'oeil sur le classement en me levant le matin (quand je suis allé me coucher, seuls les deux premiers rounds étaient corrigés) : après la première journée, je pointe à la 15ème place. Le classement est très serré entre les places 7 et 16, ce qui signifie que les deux derniers rounds individuels vont déterminer les 4-5 dernières places pour les play-offs derrière les intouchables. En jouant bien, il me sera possible de grappiller quelques rangs, mais dans le cas contraire, une place dans le top20 n'est pas encore assurée.

Round 8 – Zodiac – 50 minutes


12 grilles à résoudre sur le thème du zodiac. Deux innovations (twin regions sudoku et 6-9 sudoku) côtoient 3 types de grilles bien connus : un killer sudoku, 4 arrow sudoku et 5 sudoku extra-région. Difficile de comprendre ce choix des organisateurs, pourquoi autant de grilles du même type ? Il eut sembler plus judicieux d'avoir 12 variantes différentes ou 6 variantes différentes représentées chacune par 2 grilles. Je me lance dans ce round en évitant d'aborder les arrow et killer, qui sont mes points faibles. Ma deuxième nuit avec des insomnies de suite ne m'aidant pas, je fais beaucoup de petites erreurs de résolution, que je parviens pour la plupart à corriger. Je me lance dans le twin regions sudoku à 100 points. Après quelques chiffres placés : contradiction ! J'efface tout et recommence, crois repérer l'erreur que j'ai faite : nouvelle contradiction ! J'efface une nouvelle fois et... rebelote !! mazette, ça tourne au vinaigre ! Je laisse tomber la grille pour le moment. Je résous d'autres grilles. Le killer n'est pas trop dur, mais vers la fin de la résolution, je fais une erreur et je ne vois pas comment corriger. Je laisse tomber cette grille aussi et reviens à la twin regions qu'il est impératif de résoudre pour faire un bon score sur ce round. Cette fois, je parviens à la résoudre sans faire d'erreur. En fin de round, je reviens sur le killer et je repère à quel endroit j'ai fauté, je corrige et terminer la grille. Entre temps, j'ai entendu beaucoup de joueurs qui en ont terminé avec ce round. Il me manque 2 arrow sudoku à 30 points chacun, je ne suis donc pas vraiment confiant que ma performance soit bonne sur ce round.
Je pense que beaucoup des joueurs qui ont rendu leur copie avant la fin de l'épreuve ont fait des erreurs : le classement montre que seuls 4 joueurs ont résolu toutes les grilles de manière correcte. Les 3 meilleurs, Kota Morinishi, Jakub Ondrousek et Seungjae Kwak ont eu besoin de 42 minutes de jeu seulement. Je termine au 9ème rang avec un débours de 140 points sur les meilleurs, ce qui est mieux qu'espéré avec toutes les erreurs que j'ai accumulées en cours de jeu.

Round 9 – Multisudoku – 20 minutes


Ce dernier round individuel annoncé à 30 minutes et 150 points dans le livret d'instruction a été revu par les organisateurs à 20 minutes et 100 points (50 points pour chaque grille imbriquée résolue correctement). Ça ne change pas grand chose, le principal étant de terminer la grille sans faire d'erreur, ce que j'ai parfois de la peine à faire sur ce genre d'épreuve. Le bonus temps étant inférieur sur ce round (seulement 5 points par minutes contre 10 points sur les autres rounds), ça permet à tous les joueurs qui ne feront pas d'erreur de limiter la casse. C'est clairement mon objectif ici. Après 6 minutes seulement, Jakub Ondrousek rend sa copie, suivi les minutes suivantes de beaucoup de joueurs. Il devient alors très difficile de se concentrer, alors que les « finished » se font entendre des quatre coins de la salle de compétition. Je fais alors une ou deux erreurs stupides, que je parviens tout de même à corriger et rend finalement ma copie après 12 minutes.
Je marque donc 140 points, ce qui n'est pas excellent, mais je ne perds que 30 points face au meilleur et limite donc la casse, ce qui était clairement mon objectif sur ce round.

Round 10 (par équipe) – X-killer – 30 minutes


Ce round est annulé par les organisateurs.

Round 11 (par équipe) – Fractal – 30 minutes


Même principe que le round 9, mais en équipe, et avec un samurai sudoku (5 sudokus 9*9) lui-même entouré de petites grilles 6*6. Les meilleures équipes (Chine, République Tchèque et Etats-Unis) finissent après 8 minutes. Il nous en faudra 16 pour en venir à bout, ce qui n'est pas si mal pour nous.

Play-offs


Les 10 meilleurs joueurs sont qualifiés pour les play-offs qui se déroulent l'après-midi. Le système est le même que l'année précédente, mais l'absence de caméra rend ces joutes finales quelque peu insipide à suivre pour l'assistance. Prasanna Seshadri gagne la poule réunissant les joueurs classés entre la 7ème et la 10ème place avant les play-offs et se qualifie ainsi pour la deuxième poule, qui sera gagnée cette fois-ci par Bastien Vial-Jaime. La finale entre les 4 meilleurs joueurs n'apporte pas de surprise puisque c'est Kota Morinishi qui est déclaré Champion du Monde après avoir également dominé les tours préliminaires. Les deux autres médailles sont remportées par Tiit Vunk et Jakub Ondrousek.



Bilan


Je termine pour la première fois dans le top20 d'un championnat du monde en prenant une bonne 13ème place. Mon objectif de jouer à un haut niveau est atteint. Certes, j'ai fait des erreurs et on peut toujours en regretter certaines quand on finit si près (à 39 points) d'une place en play-offs, mais comparé aux deux dernières années, ma performance est beaucoup plus solide. J'ai été bien plus régulier que l'an dernier par exemple. Notre performance en équipe est également encourageante puisque nous prenons la 16ème place sur les 21 équipes officielles (27ème place / 47 équipes), ceci malgré un très mauvais premier round par équipe.

Conclusion


Il reste beaucoup de questions ouvertes concernant l'organisation du WSC, notamment sur la partie qui peut se préparer bien à l'avance : les sudokus. La qualité des sudokus de ce championnat était globalement bonne. La majorité des grilles avaient clairement leur place dans un championnat du monde. Quelques sudokus de qualité moyenne côtoyaient ces dernières, ce qui est presque normal vu le nombre élevé de sudokus qu'il faut créer pour un tournoi de ce calibre. Et enfin quelques grilles sans grand intérêt, ou maladroitement construites (les killer, arrow et arrow/killer par exemple) ont été retenues par les organisateurs. Le seul round à thème (zodiac) était à mon avis le plus faible en terme de qualité des sudokus. Ce 10ème WSC n'a pas eu de saveur de jubilé. Ça ressemblait plutôt à un patchwork de grilles, de bonne qualité certes, mais sans aucune idée novatrice (un round d'hybrides de 2 variantes, un sprint round contenant des variantes 6*6, un round sur le thème du 10ème WSC, une autre manière de présenter les rounds que par thème « mathématique, irrégulier, etc... », ou d'autres idées qui pourraient naître de l'esprit d'organisateurs qui ont plus d'une année pour préparer cet aspect de la compétition).

Et encore d'autres questions qui me taraudent l'esprit :
  • Le WSC combiné au WPC depuis 2011 est-il devenu un événement trop grand (nombre de puzzles à créer, gestion lourde due au nombre de participants toujours plus grand, etc...) pour une équipe d'organisateurs bénévoles ?
  • Y a-t-il une hiérarchie entre WSC et WPC chez certains organisateurs ? En 2012, j'ai ressenti que les organisateurs avaient mis l'accent sur le WPC et le WSC était un peu le parent pauvre de l'événement. Le WSC est-il condamné à devenir un « petit WPC » ?
  • Certains puzzles du WSC ont-ils été créés initialement pour le WPC ? Ici je me réfère au missing digit du round 6, dont le thème 1992-2015 contient l'année de naissance du WPC et non celle du WSC. Je constate aussi que tous les puzzles qui peuvent être contestés comme faisant partie de la catégorie sudoku ont été créés par ce même auteur japonais. Est-ce qu'à un certain moment, les organisateurs n'ayant pas assez de grilles pour le WSC ont puisé dans celles créées pour le WPC pour résoudre ce problème ?
  • La fédération mondiale est-elle assez engagée pour pouvoir aider réellement des organisateurs qui auraient été choisis par défaut, étant seuls candidats pour l'organisation du WSC/WPC cette année-là ? Les auteurs étrangers engagés dans la création des sudokus du WSC sont-ils tous à la hauteur pour permettre à cet événement d'être mémorable ?
  • Pendant un moment a surgi la crainte qu'aucun membre ne serait candidat pour organiser le WSC/WPC en 2015. Est-ce qu'on peut se contenter d'être soulagé que l'événement ait pu avoir lieu, même avec beaucoup d'imperfections ?

Je pense que le WSC doit rester l'événement phare du sudoku dans le monde. La fédération mondiale doit essayer de rassembler toutes les forces vives pour que cela soit possible. On voit depuis quelques années que des championnats nationaux prennent de l'ampleur. Certes, ces événements sont moins importants (durée moins longue, moins de participants) et demande une gestion un peu moins lourde, mais la qualité d'organisation de certains championnats nationaux est très élevée. Il serait triste de constater que le WSC n'arrive plus à être à la hauteur de ces événements nationaux.

mercredi 21 octobre 2015

Finale du Grand Prix de Sudoku WPF 2015

Après ne pas être passé loin de me qualifier pour la finale du Grand Prix les deux dernières années, me voici présent pour ma première expérience à ce niveau. Cette qualification a été possible seulement grâce à un désistement d'un des joueurs du top10 mondial. Ayant pleinement conscience que mon niveau est encore assez éloigné des meilleurs mondiaux, je ne me fixai pas d'autre ambition que de bien jouer et avoir du plaisir à être là. Il fallait que je puisse rester calme et détendu autant que possible.
Ce fut loin d'être le cas. "Pas de pression, de toute manière je suis loin d'être un des favoris". Oui mais voilà, je ne pus empêcher mon subconscient de me suggérer autre chose : "Tu dois montrer que tu es digne de ta qualification. Même si tu es loin des meilleurs mondiaux, tout le monde va te regarder".
Donc au final, beaucoup de tension s'installe avant de commencer à résoudre les grilles.

1. Sudoku Classique


Par bonheur la première grille proposée est vraiment très facile. Un petit échauffement qui ne peut pas faire beaucoup de dégâts. Dès les 3 premiers chiffres placés dans la grille, je me rends compte de ma première erreur : j'ai laissé mon sous-main dans mon sac à dos à l'autre bout de la salle, alors que des nappes très molles sont installées sur les tables; Chaque chiffre écrit fait un trou dans la feuille... Heureusement pour moi, nous avons reçu un joli certificat que je peux mettre sous ma feuille et le problème est ainsi résolu. Grille facile donc, et tout de suite je me rends compte que mon cerveau peine à se libérer. L'enjeu m'empêchant de me lâcher totalement, je mets 2'22 pour la résoudre. Seungjae Kwak sera le plus rapide en 1'18 et un seul joueur passe plus de temps que moi sur cette grille.


Le certificat reçu avant de jouer la finale


2. Arrow sudoku


Des quatre variantes proposées pour la finale, je pensais que c'était sur celle-ci que j'aurais le plus de peine à être efficace. Ce fut effectivement le cas. Dès l'entame de la grille, je repère les flèches les plus longues au centre et me concentre la-dessus. Uniquement. Je n'ai même pas remarqué que les autres flèches étaient imbriquées, et donc les contraintes sur les chiffres sont grandes. Après avoir passé au moins 3 minutes à ne pas avancer en me concentrant sur les flèches du centre, je finis par remarquer que les autres flèches sont également importantes et m’attelle enfin à la résolution de cette grille. Mais que c'est poussif ! Il aura fallu 7'16 pour que je vienne à bout de cette grille dont la difficulté n'est pourtant pas très élevée. J'ai été le moins bon des dix finalistes sur ce deuxième sudoku, malgré que deux concurrents ont perdu une minute pour avoir rendu une copie erronée. Je suis néanmoins soulagé quand je vois que mon juge lève le pouce en direction des organisateurs pour leur signifier que ma réponse est correcte.

3. Sudoku Classique


Je peux enfin me concentrer sur une autre grille. Ce sudoku classique se déroule heureusement sans souci pour moi. Mon temps de résolution: 2'48. Certes bien plus lent que Kota qui démontre son excellente forme après avoir été le plus rapide sur deuxième grille déjà. Il boucle ce sudoku classique en 1'55. Je suis néanmoins plus rapide que 3 de mes concurrents et remonte à la 9ème place à l'issue de cette 3ème grille.

4. Windoku


Vient ensuite un windoku, créé par l'ancien triple champion du monde Jan Mrozowski. Les 4 régions supplémentaires sont un peu trop foncées, difficile de relire les chiffres qu'on a écrit sur ces régions. Je sens bien que la grille est construite sur une symétrie particulière des chiffres, mais n'arrive pas à mettre mon intuition à profit pour gagner du temps. 5'02: Un peu lent par rapport à tous mes adversaires.

5. Sudoku Classique


Le sudoku classique qui suit n'est pas d'une difficulté très élevée. Il y a cependant un candidat unique à repérer, ce qui peut parfois me poser quelques problèmes. Au point de blocage, je cherche dans tous les sens, sentant bien que je passe trop de temps sur cette grille. Je finis par trouver ce candidat unique et boucle la grille en 5'30, temps supérieur à celui de mes adversaires, excepté deux spécialistes des grilles classiques. Jakub Ondrousek et Vincent Bertrand ont peut-être eu du mal à repérer ce candidat unique eux aussi.

6. Sudoku XV


Un sudoku XV sans X ni V. Aucune surprise pour moi car j'avais constaté que l'auteur Richard Stolk aimait bien construire ce type de grilles de cette manière-là. Je sens que la concentration commence à me faire défaut. Je sens aussi que les meilleurs sont déjà en train de conclure leur finale et que je n'aurai peut-être pas le temps de finir cette grille. Ce fut le cas, avec la partie centrale de ma grille encore vide au moment où Tiit Vunk prend la 3ème place de finale, signifiant la fin de la résolution pour tous les participants.

Je n'aurai donc pas touché aux deux dernières grilles : un sudoku classique et un sudoku palindrome dont l'auteur a peut-être voulu faire un clin d'oeil au sudoku palindrome que j'ai moi-même créé l'an passé pour la même occasion. Les deux grilles ont en effet une troublante similitude.


Tiit Vunk (3ème), Kota Morinishi (vainqueur), Timothy Doyle (2ème)

Je termine donc cette finale à la dernière place. J'aurais peut-être pu être plus rapide, mais ça n'aurait pas changé grand chose au résultat, tant je suis encore loin du niveau des meilleurs sur ce type d'épreuve. Je peux néanmoins être satisfait de n'avoir rendu aucune grille fausse et, même en étant le moins bon concurrent, je n'ai calé sur aucune grille (la arrow peut-être, mais je m'en suis sorti tout de même). Je pense ne pas avoir été ridicule, même si tout le monde a pu constater mon manque de vitesse à ce niveau de compétition.
Après la finale, la pression retombe enfin. Il faut néanmoins rester concentré car les championnats du monde débutent le lendemain et la première journée est composée de 6 épreuves individuelles et une épreuve par équipe.
J'aimerais remercier les organisateurs de cette finale du GP, ainsi que les auteurs : Andrey Bogdanov, Giulia Franceschini, Tom Collyer, Jan Mrozowski, Jakub Hrazdira, Richard Stolk, Nikola Zivanovic et Rohan Rao. Les sudokus de cette finale étaient d'une excellente qualité !
Les informations concernant cette finale peuvent être trouvées ici: http://gp.worldpuzzle.org/content/final-results-2.

vendredi 16 octobre 2015

Some thoughts about WSC 2015 in Sofia

Preamble


In case of some reader wonder about what these 3 letters means: W means World, S means Sudoku, C means Championship.

I just came back of a very emotional and intense week, taking part in WSC and having the chance to be invited to compete in the sudoku GP final, which was an incredible experience for me that I will probably report in another post.

WSC


Good news are that we had a decent WSC, with lot of very high quality sudoku, it was very fun to solve them. Secondly, on a personal note, it is the first year I had the strong feeling I played at a very good level during the 2 days, not playing perfectly, but fast and efficiently - This was my goal this year as I was a bit disappointed last 2 years, not about my ranking but more concerning the way I played. This led me to reach the official 13th rank, which is by far my better result in a WSC.
Kota Morinishi is World Champion second year in a row, other medals goes to Tiit Vunk and Jakub Ondrousek.

Now about bad news...
A lot of weaknesses appeared this year. Without revealing hearsay, I think that it would have been a catastrophic event without 2 things:
- The fact that organizers had WSC 2014 as reference. In 2014, the competition director Tom Collyer proposed a very coherent championship and even if I've the feeling that organizers of this year's WSC didn't even know in which way it was coherent and a very successful event in 2014, the fact that they basically copied all rules and did the same model of competition made that we didn't lose all the consistency.
- Even more important: A single guy, devoted and very professional, external to the organization, saved the WSC. Without his work before and during the event, I don't know if the WSC would have occurred ! He transformed alone what would have been the probably worst ever WSC (I wasn't there each year, especially in Zilina in 2009 where reports showed serious deficiencies in several aspect of the event) to a decent level competition.

The only thing we can hope right now is that it will not repeat in the next few years, in which case I fear that our discipline will be in a serious crisis. Let's hope that the organizers of next years competitions will be more involved and have more professional spirit.

Sudoku?


Now about the competition itself.
It seems to be the tendency this year to allow puzzles that are not sudoku in sudoku competitions. Of course, this affirmation is very personal as it's quite impossible to have a strict definition of what is a sudoku which includes all its variants appearing in competitions and being commonly accepted as sudoku. This year I already had personal concerns on a sudoku in the 2th GP round, which was discussed here. The same applied in the 4th round concerning the puzzle named "sukaku", but I didn't protest as I already explained my opinion on the forum for the 2th round.

This WSC contained a few puzzles that I would not have considered as sudoku:
  • In round 2: 1234 "sudoku": The common classic sudoku rule to have a set of distinct digit was stretch at the limit. a digit repeated 4 times, another 3 times and a third one 2 times in the set. I think you have to be careful if you stretch a basic rule of the sudoku. Little stretches can be considered as remaining in the sudoku category, for example if for some purpose you want to use a set where a single digit is repeated twice. Here it went too far and I personally think it was not an appropriate puzzle for WSC. I heard a few players, including a top player that agreed with me. The further problem, if someone think the fact that some puzzle is not considered as sudoku is not enough to remove it, or if someone consider it is appropriate because he has the feeling it is a sudoku (I'm not a sudoku authority, so I think someone could argue in another way of my personal opinion). So I said the further problem was that it was a hard puzzle (95 points). I think organizers should be inspired, in case of including variant that could potentially be controversial, to propose an easy puzzle, so that the ranking is not much affected by it. It was the case for the second and third one I want to speak about. Here I didn't care that much when the instruction booklet was published without the point distribution, and then, when the final instruction booklet appeared (2 days before the competition) I was afraid of the 95 points it represented. Fortunately I had the time to create a training puzzle and guess what: I solved it during the competition.
  • In the 6th round: Overlapping "sudoku" and free block "sudoku": Overlapping sudoku was in fact overlapping latin squares. Latin squares are not sudoku, and I don't see in which way that can be changed by overlapping them. But it was worth only 20 points so who cares?
    The same applies for Free Block sudoku, which worth 35 points and appears in a round where no players was able to solve all puzzles. I just skipped them.
  • The 4th round: straight "sudoku": Here it was the worse choice an organizer can do with a puzzle that can be controversial to be a sudoku: a)The whole round consisted of this puzzle, b) it was worth 200 points, which means that it was designed to be a very hard one, c) a single mistake and the player would have 0 points for the entire round. I was very angry of all these bad decisions. It was a painfull round for me, I had no fun at all and if I wouldn't care a bit about my ranking, I would have left the competition hall after just a look at what the competition puzzle looked like.
The conclusion of it is that I believe the 4th round was far to test the players ability to solve sudoku, hence it will perhaps sound egoistic, but if we consider that this round has nothing to do in a WSC, we'll have another ranking before the play-offs where I would appear in the 6th rank.
I accept the rules of competition, so I'll always say that my official ranking was 13th, but I firmly believe that my performance showed that I was the 6th best sudoku solver during the 2 days of WSC.

Conclusion


Yesterday a WPF guidebook was published on the WPF forum. The purpose is to standardize the rules for the WSC/WPC hosts. It's a good sign that the WPF want that some things change and that the federation sees that some problems need to be solved. I'll take this opportunity to share my views there and see where it goes. The section named "puzzles" needs to be clarify much more in my opinion. I'll probably do lot of suggestions during the few next weeks and see if my point of view is the same as the commonly accepted one. In any direction that it goes, it can be an improvement. However if it goes at the extreme opposite of my views, I may consider extreme solutions: retiring myself from sudoku competitions or at least WSC, asking to be ranked unofficially during WSC and allowing myself to skip some parts of the competition, etc... It would be the death in the soul, but it shows at which point I'm affected when I feel that some people's goal is to make sudoku players guilty of not liking other puzzles.

Feel free to comment this post, even if your opinions are not the same as mine.

mercredi 15 avril 2015

Championnat de Pologne de sudoku 2015


Après avoir participé 3 années de suite au championnat d'Allemagne de sudoku (lire les comptes-rendus de 2012 et 2013), je suis invité cette année à participer au championnat de sudoku de Pologne, tournoi pour lequel j'ai créé des grilles en 2012, 2013 et 2014, ainsi que pour le tournoi qualificatif cette année. Après le vol Zürich-Varsovie vendredi, je rencontre à l'aéroport quelques uns des joueurs étrangers invités : Martin Merker (Allemagne), Zoltan Horvath (Hongrie) et Matthias Reichmayr (Autriche). Pawel nous conduit alors au magnifique Palace Domaniowski (à environ 1h30 de route de Varsovie), où les tournois de sudoku et de puzzle se dérouleront ce weekend. Quelques joueurs Polonais et les autres joueurs étrangers invités arrivent un peu plus tard dans la soirée. Le tournoi débute samedi à midi, la plupart des joueurs arrivent samedi dans la matinée. La compétition s'annonce intéressante avec 5 rounds : 2 rounds longs de 60 minutes, 2 rounds courts (21 minutes) et un round de longueur moyenne (40 minutes). La variété des grilles présentées est intéressante, le tournoi ne sera certainement pas ennuyeux. 2 joueurs se détachent parmi les favoris : le vainqueur sortant Jakub Ondrousek (république Tchèque) et le triple champion du monde Jan Mrozowski qui joue sur ses terres. J'espère viser la troisième place, mais attention à Martin Merker qui est capable de bons résultats et semble être un joueur assez complet.


Le palace Domaniowski


premier round : 21 minutes – 350 points.


Cette première épreuve est courte et présente outre des grilles classiques (une 6*6 et deux 9*9) les variantes les plus connues : irregulier, diagonal, killer et chain. Je décide de commencer par la grille qui vaut le plus de points : le killer à 85 pts. N'étant pas très rapide sur ce genre de grilles, le temps semble s'écouler très vite : après 4-5 minutes, je repère ma première erreur du tournoi sans pouvoir la corriger, je décide de passer à une autre grille sans autre forme de procès. Je résous alors sans difficulté la diagonale, l'irrégulière et les deux classiques 9*9, puis recommence le killer sudoku. Cette fois ça passe, mais que de temps perdu... le chronomètre indique déjà qu'il reste moins d'une minute. Je résous alors le mini sudoku (6*6), dont je n'obtiendrai pas les points à cause d'une nouvelle erreur. Pas le temps de tenter le chain sudoku, grille que j'affectionne moyennement. Avec 253 points, fidèle à moi-même, je débute le tournoi de façon timide à la 7ème place. Jan prend la tête des opérations avec 375 points, devant Jakub (370 points).

deuxième round : 60 minutes – 1000 points.


Ce deuxième round contient des variantes que j'affectionne, dont une extra-regions, une fortress, un windoku et une non-consécutive. Les gappy consecutive, greater than, diagonal with odd-even et 2 classiques ne m'empêchent pas de dormir. Un round qui devrait me convenir donc. Je résous l'extra-régions, puis m'attaque à la fortress qui s'avère plus compliquée, je décide de passer à une autre grille, je finirai la résolution de cette fortress plus tard. Après 2 minutes sur la windoku, petit incident de parcours ; j'efface la grille et la recommence, juste cette fois. Cette grille à 160 points était pourtant loin d'être difficile. Je m'attaque ensuite à la gappy consecutive :grille à 190 points. Sans conteste la grille la plus difficile du round, mais surtout la plus longue à résoudre, car en s'y prenant bien les difficultés sont loin d'être insurmontables. J'en viens à bout après un temps raisonnable et résous ensuite les grilles les plus faciles du round. Entre-temps, Jakub (après seulement 39 minutes) et Jan (42 minutes) ont rendu leur copie. Il reste un peu moins de 9 minutes au compteur, je vérifie rapidement qu'aucune case n'est restée vide et rend à 8 minutes de la fin du temps réglementaire pour obtenir 40 points de bonus supplémentaire.
1040 points donc, la troisième place de ce round, juste devant Martin qui a fini 2 minutes après moi. Assez loin des deux meilleurs, mais le système de bonus choisi par les organisateurs fait que la différence de points est peu élevée. Au classement général, je remonte à la 4ème place, 60 points derrière Martin. Il est à noter que l'organisation est remarquable : à ma sortie de la salle, le premier round est déjà corrigé et le classement publié. Il est toujours agréable de ne pas devoir attendre les résultats trop longtemps en tournoi.

troisième round : 40 minutes – 667 points.


De durée plus courte que le round précédent, celui-ci contient des variantes un peu moins communes : descriptive pairs (162 points, il faudra absolument le résoudre pour faire bonne figure), even sandwich, capsule, trio non-consécutive (trio-NC), antiknight et sudokurve complètent la liste des grilles avec un killer et un sudoku classique. Je décide de m'attaquer dès le début du round au gros morceau : le descriptive pairs. Une erreur est assez vite arrivée sur ce type de variante, la dernière rencontrée en tournoi (3ème round du GP) m'a coûté beaucoup de temps après que j'ai fait 2 fois la même erreur. C'est ce qui arrive cette fois à Jakub, qui racontera par la suite avoir passé pas loin de la moitié du temps sur cette seule grille. La grille en question est difficile, tous les indices extérieurs ne sont pas donnés, alors qu'aucun chiffre n'est offert à l'intérieur de la grille. La résolution se fait pas à pas, chaque chiffre découvert permet alors de trouver le suivant, dans un ordre quasi unique. Une grille fort bien construite qui demande aux joueurs beaucoup de concentration. Je m'y prends cette fois-ci de belle manière et résous la grille sans perdre beaucoup de temps je pense. Je m'attaque ensuite à l'even sandwich, grille sur laquelle je pourrais perdre quelques minutes, n'étant pas toujours complètement à l'aise sur ce type de grille. Ça passe ! La capsule à 95 points n'est pas d'une difficulté insurmontable. Le killer, malgré la présence de beaucoup de zones à 2 cases me pose plus de problème, mais j'en viens tout de même à bout. Je fais une erreur sur le trio-NC, recommence et aboutis encore à une impasse. Je décide de laisser tomber pour l'instant et résous les autres grilles : anti-knight, kurve et classique. Il me reste encore un peu de temps pour m'atteler à la trio-NC en fin de round, mais visiblement cette grille présente un problème, j'arrive toujours à une contradiction même après avoir relu attentivement les règles du livret d'instructions. Effectivement, la grille s'avérera être impossible à résoudre avec les règles données, une inversion des couleurs par rapport à la grille du livret d'instructions en est la cause. Les organisateurs décident alors de donner les points de la grille à tous ceux qui l'ont tentée.
J'obtiens donc la totalité des points (667) sur ce round, première place à égalité avec Jan et plus de 100 points devant Jakub et Martin. Au classement général, je prends la troisième place synonyme de playoff, mais rien n'est joué puisqu'il reste 2 rounds et que mon avance sur Martin n'est que de 44 points.



quatrième round : 60 minutes – 1000 points.


Ce deuxième round de 60 minutes pourrait moins me convenir que le premier, car il contient des variantes que j'affectionne moins, à commencer par le divisor qui risque d'être plutôt pénible à résoudre avec ses 170 points. Encore un killer, mais cette fois les chiffres sont remplacés par des lettres (coded killer), grille que je crains également ainsi que la grille odd lab dont je n'ai jamais été un grand fan. Un star product, faussement appelé star battle ici n'est pas pour me rassurer non plus, étant loin des meilleurs en calcul mental. Bref, même si les autres grilles (mini, classique, irrégulier, XV, diagonal et double diagonal) ne devraient pas me créer de soucis, je ne pars pas très confiant. J'entame le round en résolvant le divisor. La grille est effectivement corsée, pour la plupart des indices donnés il faut faire la liste de tous les produits plus petits que 100 pour arriver à la solution. Ma résolution est loin d'être parfaite, je fais des erreurs, recommence une fois la grille, puis corrige de plus petites erreurs au fur et à mesure de l'avancement. Après de longues minutes peu enthousiasmantes, j'arrive à remplir toutes les cases de la grille. Espérons que ce soit la bonne solution ! Après ce début de round chaotique, j'évite la deuxième plus grosse grille (coded killer) pour m'attaquer au double diagonal qui devrait mieux me convenir. La grille n'est pas simple à résoudre, mais j'en viens à bout sans erreur cette fois-ci. Je résous ensuite le star product, diagonal, XV, irrégulier, twin detector. Il reste environ 13 minutes au compteur et 3 grilles non résolues (outre le mini que je résoudrai encore en toute fin d'épreuve) : un classique à 54 points, odd lab (90 points) et coded killer (123 points). Après une courte hésitation, je décide d'entreprendre le coded killer, je devrais être capable d'en venir à bout en 13 minutes. Peut-être un mauvais choix : après avoir fait de petites erreurs en cours de résolution, que je pensais avoir corrigées, j'arrive à une solution qui n'est manifestement pas juste : certaines sommes ne correspondent pas au résultat attendu... Pas le temps de résoudre d'autres grilles malheureusement, ni le temps de recommencer celle-ci.
733 points seulement donc. Je prends la 5ème place de ce round. Je perds cependant seulement 23 points sur Martin, mon adversaire direct et 7 points sur Tom Collyer (Grande-Bretagne), 4ème de ce round. Jan est le seul à résoudre toutes les grilles en seulement 47 minutes (1065 points), Jakub (830 points), s'étant fait prendre au piège du redoutable divisor. Au classement général, Martin me talonne avec seulement 21 points de retard. Le dernier round sera décisif pour la place en playoff.

cinquième round : 21 minutes – 350 points.


Je débute ce round avec certes l'envie de bien faire et de conserver ma troisième place m'ouvrant les portes de la phase finale, mais également avec une crainte : ce round contient 2 sudokus : un avec 2 variantes interconnectées et l'autre est un samurai (5 grilles classiques interconnectées). Or je suis habituellement mauvais sur ce genre de grilles (une erreur peut être fatale) et mauvais dans les rounds de courte durée. Je débute par le samurai et après 4-5 minutes aperçois une erreur. Je pense la corriger mais quelques minutes plus tard, je constate une autre erreur, que je tente également de corriger mais plus j'avance plus je dois me rendre à l'évidence : le ver est dans la pomme. Ma résolution est entachée d'erreurs que je ne parviens pas à corriger. Le temps passe alors beaucoup trop vite. Je me rends sur la grille à 2 variantes. Je la résous péniblement, en corrigeant là aussi une erreur en toute fin de résolution. Visiblement, la concentration m'a quitté... Je reviens à mon samurai, mais il est trop tard pour tout effacer... je finirai une grille sur 5, en espérant qu'elle soit juste, ce qui ne sera pas la cas.
Mon score catastrophique (110 points) sur ce dernier round m'est fatal. Martin n'a aucune peine à faire beaucoup mieux que moi (322 points). C'est donc lui qui participera aux playoffs. Jan et Jakub dominent une fois de plus la compétition avec 395 et 390 points devant Tom (370 points), qui montre sa belle efficacité dans les épreuves de courte durée.

Playoff


Les quatre joueurs qualifiés pour les playoffs sont Jan Mrozowski, Jakub Ondrousek, Martin Merker (les trois meilleurs du classement) et Krystian Świderski 5ème (le règlement stipule que 2 Polonais au moins doivent être qualifiés pour les playoffs). Jan choisi de jouer sa demi-finale contre Krystian. Il le bat 2-0 et reprend ainsi le titre de champion polonais de sudoku qu'il avait perdu l'an passé. Martin fait un bon choix contre Jaku, puisqu'il réussit a remporter un point avec le chain sudoku, mais malheureusement pour lui il n'y aura pas de miracle : il perd les 2 autres grilles. 2-1 donc dans cette demi-finale en faveur du joueur tchèque. La finale attendue oppose donc les deux meilleurs joueurs présents. Jan remporte la première grille, Jakub revient à égalité sur la deuxième et Jan résout la troisième environ 1-2 secondes plus rapidement que Jakub. Jan remporte ainsi le tournoi et le titre.


Martin Merker (3ème), Jan Mrozowski (champion), Jakub Ondrousek (2ème)


Bilan

Je prends la quatrième place du championnat. Ce tournoi est à l'image de mon début de saison en dent de scie. Capable de belles performances (2ème et 3ème round), je fais pourtant trop d'erreurs, ce qui pénalise mon classement global. Je n'atteins donc pas mon objectif élevé qui était la qualification pour les playoffs. Ceci dit, Martin a fait une performance solide, il me tarde de voir quelle sera sa performance au championnat d'Allemagne.
Reste une belle expérience (les occasions de participer à une compétition de ce niveau ne sont pas légion), un accueil chaleureux, une ambiance très sympathique et un cadre idéal pour un tournoi de sudoku. L'organisation est bien rodée, les grilles globalement de très bonne qualité : 8 auteurs internationaux ont apporté leur contribution.
Je participe encore au championnat de puzzle le dimanche, puis passe une soirée très sympathique à Varsovie avec Lukasz et quelques joueurs étrangers.


Liens

  • le classement complet
  • les grilles (attention au trio-NC du round 3: contrairement à la grille du livret d'instructions, il vous faudra placer les chiffres 4-5-6 dans les cases blanches si vous voulez la résoudre).

mardi 2 septembre 2014

Championnats du monde de sudoku 2014 – Londres. Un arrière-goût de déjà vu !

Malgré quelques turbulences dues à un ciel capricieux, le voyage à Londres se déroule sans histoire le dimanche 10 août. J'arrive à l'hôtel vers 14h30 et ai le plaisir de rencontrer déjà beaucoup de joueurs, connaissances et amis. Je profite de l'après-midi pour me relaxer quelque peu, le programme de la semaine s'avérant plus que chargé. Après le repas, la séance de questions n'apporte pas d'élément crucial à la compétition. Après une bonne nuit de sommeil, les hostilités peuvent commencer.


Première journée


Premier round : sudoku classique – 20 minutes – 200 points.


Comme l'an passé, l'ouverture du championnat consiste en une série de sudoku classiques de difficulté peu élevée. Nous avons en effet 10 grilles à résoudre pendant 20 minutes. Après un départ concentré, je ne tarde pas à me perdre dans d'autres pensées qui freinent dès lors ma progression. Au final, je ne résous que 7 des 10 grilles, alors que les meilleurs parviennent à résoudre la totalité. Mon manque de vitesse combiné à la difficulté de me concentrer dès le début du tournoi m'empêche de faire un bon résultat sur ce round.

Bilan : 113 points – 49% du score de Bastien Vial-Jaime (230 points), meilleur concurrent sur ce round. Un oubli de 2 cases me fait perdre 17 points, ma relative lenteur combinée à cette erreur stupide me font louper une fois de plus le début du tournoi. Heureusement l'épreuve était courte et rien n'est joué après ce qu'on peut appeler un échauffement.

Deuxième round : variantes classiques – 45 minutes – 535 points.


Les trois premières grilles (sudoku surplus, déficit et irrégulier) ne me tentant guère, je décide de commencer ce round par le sudoku diagonal, une grille à 16 chiffres donnés, très bien construite (je me doutais que l'auteur était Tom, il avait déjà créé une grille similaire par le passé). Avec le peu d'indice présent, il s'agit de ne pas louper une information, sous peine de passer un mauvais quart d'heure. La résolution se passe sans anicroche pour moi, et j’enchaîne avec le windoku, odd, non-consécutif, le killer contenant 4 zones rectangulaires à 8 cases, thermo et arrow. Le temps étant loin d'être terminé, je décide ensuite de revenir sur l'irrégulière, puis le surplus sudoku, et enchaîne ensuite par les deux sudokus classiques du fin de round pour acquérir le plus de points possibles. Il me reste 1'30 et la grille la plus facile du lot, un sudoku déficit à 15 points. J'arrive à le résoudre de justesse, le chronomètre indiquant qu'il restait seulement 20 secondes de jeu. Je jette encore un rapide coup d’œil à toutes les grilles en vérifiant que toutes les cases soient remplies, afin de ne pas répéter l'erreur du premier round (bien que je ne suis pas encore au courant de mon erreur à ce moment-là). Je parviens à résoudre toutes les grilles de ce round, ce qui semble être une bonne performance, malgré le fait que les meilleurs ont terminé avec plus de 10 minutes de marge et engrangeront de précieux points de bonus. J'ai beaucoup apprécié les sudokus de ce round, la construction de ces grilles était parfaite, esthétique, minimale, bref, des grilles de la meilleure qualité qui annonce la couleur quant à la qualité du tournoi lui-même.

Bilan : 515 points – 76% du score de Tiit Vunk (675 points). Une erreur à la fin d'une grille classique ne parvient pas à entacher mon enthousiasme par rapport à cette épreuve. Seuls 6 joueurs parviennent à faire un score supérieur au mien, ce qui prouve que j'ai joué à un excellent niveau sur cette épreuve. Après les 2 premiers rounds, le classement intermédiaire indiquera que je suis 12ème, malgré mon mauvais départ sur la première épreuve. Malheureusement c'est à ce moment que les problèmes arrivent...


Je joue à côté de la capitaine de l'équipe Chinoise et organisatrice des championnats 2013: Chen Cen


Troisième round : variantes avec indices extérieurs – 45 minutes – 510 points.


Ayant bien préparé les grilles de cette épreuve, je suis assez confiant et décide de résoudre les sudokus dans l'ordre proposé, au moins jusqu'à la grille max triplet, variante sur laquelle je pense être moins à l'aise. Le odd-even-big-small à 40 points n'est pas complètement évident, mais ne me pose néanmoins pas de problème. Sur le X-sums qui suit, je commence à me déconcentrer. Je recommence la grille après 1-2 minute, croyant avoir repérer une erreur dans ma résolution, ce qui n'était pas le cas. J'en viens tout de même à bout sans perdre trop de temps. L'outside sudoku et le next to 9 sudoku passent sans problème eux aussi. Après un peu plus de la moitié du temps, j'ai donc résolu les quatre premières grilles me rapportant 230 points, sur un rythme un peu lent, certes, mais sans perdre un temps considérable. Vient ensuite le skyscrapers sudoku, qui devrait être la grille la plus difficile de cette épreuve, valant 90 points. Peu de chiffres sont présents à l'intérieur de la grille, les indices extérieurs sont prédominants. J'avance lentement, ayant du mal à repérer toutes les évidences et manquant d'efficacité à utiliser les indices à bon escient. Après plus de 10 minutes sur cette grille, qui est maintenant quasiment résolue, je constate une erreur. Je ne parviens plus à placer les derniers chiffres sans qu'il y ait une contradiction avec les indices extérieurs. Je tente de repérer l'erreur pendant encore 2-3 minutes, mais rien n'y fait, je ne parviens pas à corriger la grille. Je décide alors de la laisser tomber et de m'attaquer à l'even sandwich sudoku à 75 points. En m'y prenant bien, je devrais être capable de la résoudre dans les 10 minutes restantes. Mais, passablement déconcentré par mon ratage sur la grille précédente, j'avance très lentement. Plus le temps passe, plus je regarde le compte à rebours et perds d'autant plus ma concentration. A 2 minutes de la fin, je me rends compte que je n'arriverai pas à résoudre cette grille et que j'ai perdu presque la moitié du temps imparti sans résoudre une seule grille...

Bilan : 230 points – 41% du score de Nikola Zivanovic (560 points). Round catastrophique. J'aurais facilement pu viser un score de 395 points ou plus sur cette épreuve, j'en suis très loin. Beaucoup de points perdus en vue du classement général. Certes il y a encore beaucoup d'épreuve, voyons si j'arrive à me ressaisir dans le round suivant.

Quatrième round : variantes sur le thème « voisinage » – 45 minutes – 560 points.


Des variantes contenant des règles liant les cases voisines nous sont proposées dans ce round. Outre les populaires consecutive et non-consecutive, inégalité, XV et kropki sudokus se trouvent un no nine, un odd/even count et consecutive sequence sudoku. Le sudoku inégalité à 95 points me fait un peu peur, je pense que je le laisserai de côté dans un premier temps. Je ne suis pas un spécialiste des grilles consécutive, mais je commence tout de même par jeter un coup d’œil sur cette grille, qui est la première proposée. Je craignais que le début de la résolution soit difficile et c'est ce qui arrive, je ne m'attarde donc pas sur cette grille et passe directement au sudoku non-consécutif, qui passe sans trop de mal. Je m'attaque ensuite au no-nine qui oppose d'emblée plus de résistance. Après quelques minutes, j'arrive à une contradiction qui signifie que j'ai de nouveau fait une erreur. Étant persuadé que j'ai fait cette erreur dans une certaine zone de la grille, j'efface une bonne quinzaine de chiffres et recommence à partir de ce point. Mais rien n'y fait, je retombe sur une contradiction signifiant que l'erreur commise est ailleurs... Je décide alors que j'ai perdu assez de temps sur cette grille valant seulement 50 points et m'attaque avec plus de succès au sudoku XV, kropki sudoku (très facile malgré ses 75 points), odd/even count sudoku et je termine par la consecutive sequence à 70 points,qui malgré un début pas évident, passe sans encombre. Je n'aurai une fois de plus pas le temps de jeter un œil aux deux classiques valant chacune 20 points.

Bilan : 310 points – 67% du score de Bastien Vial-Jaime, Kota Morinishi et Tiit Vunk (465 points). Loin d'être un score aussi mauvais que sur le troisième round, je ne parviens décidément pas à jouer sans faire d'erreur, ici c'est 7-8 minutes passées sur le no-nine sudoku qui ont été bêtement gâchées. A noter que c'est le premier round qu'aucun joueur ne parvient à terminer dans les temps. Le score des meilleurs tend à me faire penser que le choix de ne pas s'attaquer au sudoku inégalité n'était pas mauvais.

Cinquième round : variantes « arithmétiques » – 45 minutes – 555 points.


Après la pause de midi, nous reprenons la compétition avec un nouveau round de 45 minutes sur le thème du calcul mental. Ne me sachant pas un maître en la matière, j'espère tout de même ne pas perdre trop de terrain sur les spécialistes, certaines variantes pouvant tout de même me convenir. Le killer sudoku pro, une variante similaire au killer sudoku au détail près que les nombres indiqués peuvent être la somme, le produit, le quotient ou la différence des chiffres contenus dans la zone vaut 120 points et fait office d'épouvantail dans cette épreuve. Comme d'habitude, je commence dans l'ordre des grilles proposées, ici un killer sudoku. Celui-ci vaut 95 points et parait effectivement plus difficile que celui qui se trouvait dans le 2ème round. Après quelques chiffres trouvés, je me retrouve bloqué et décide alors d'abandonner au profit des autres variantes. Les arrow, Star product, little killer, equality et diagonal arrow sudokus n'opposent pas une grande résistance. Vient ensuite la dernière variante : le killer sudoku pro. A première vue, il y a beaucoup de grands produits à décomposer, ce qui n'est pas mon point fort. J'entame tout de même la grille, mais après quelques minutes, je fais une erreur que je n'arrive malheureusement pas à corriger. Il reste alors 5 minutes et je décide de résoudre les deux classiques à 20 points. Il me manquera littéralement quelques secondes pour terminer la résolution de la deuxième classique.

Bilan : 320 points – 47% du score de Kota Morinishi (675 points). Encore une erreur et de nombreuses minutes de perdues sur les deux grilles de ce round valant le plus de points. Erreur tactique ? J'aurais peut-être du revenir sur le killer sudoku (sur lequel j'ai bêtement loupé une évidence – une somme de 36 en 8 case ne contient pas de 9) plutôt que d'attaquer le killer sudoku pro, sur lequel je savais ne pas être à l'aise. Un mauvais round de plus pour moi, donc... A noter que Kota a réalisé une superbe performance sur cette épreuve, résolvant toutes les grilles avec 10 minutes d'avance sur tous ses poursuivants.

Sixième round : variantes « géométriques » – 45 minutes – 525 points.


Autant annoncer la couleur tout de suite, cette dernière épreuve individuelle de la journée est celle que je crains le plus. Non pas que je m'inquiète de mon niveau de concentration après ces quelques heures de jeu, mais les variantes présentes dans ce round ne m'inspirent guère. Je me sens compétitif sur une seule des variantes proposées : le parquet sudoku. A cela s'ajoute la grille la plus coté du tournoi, un hex sudoku à 140 points ; Au vu de mes déconvenues sur la plupart des grosses grilles des rounds précédents, il y a de quoi se faire des cheveux blancs. Je débute l'épreuve avec l' isometric sudoku ( = sudoku 3D), valant seulement 30 points. Une grille fort bien construite, surprenante mais effectivement pas trop difficile. Je profite ensuite du parquet sudoku pour prendre un peu d'élan. Attention aux erreurs et aussi aux cases vides sur cette grille... ça passe. Je me lance ensuite sur l'hex sudoku à 140 points. Malgré plusieurs moments de blocage, ce qui parait normal sur une grille valant autant de points, j'arrive à la résoudre sans trop de problème. Je me force à aller lentement en fin de grille, une erreur est si vite arrivée sur ce type de variante. Après l'hex vient le sudokurve à 85 points. Je m'attendais à une grille avec 9 régions (la plupart des kurves ont 5 régions seulement), avec lignes courbées dans tous les sens. Pas du tout confiant sur cette grille, après le souvenir douloureux d'une telle grille du même auteur (Tom Collyer) sur un tournoi en ligne il y a quelques années. Je me lance quand même dans la résolution, les autres grilles ne me tentant guère plus... Je ne peux pas prétendre l'avoir résolue rapidement, mais je n'ai pas eu trop de peine non plus. Vient ensuite le sudoku toroidal à 75 points, encore une grille que je n'affectionne guère. Cette fois, vu le temps qu'il reste, je préfère directement passer au ten box sudoku, une variante qui m'a pourtant fait quelques frayeurs pendant ma préparation la semaine avant le championnat. Celle-ci vaut 40 points et est donc plutôt facile. En fin de round, j'ai encore le temps de résoudre le sudoku irrégulier et les deux classiques à 20 points.

Bilan : 450 points – 73% du score de Tiit Vunk (615 points). Et surtout la 5ème place totalement inattendue sur ce round. En effet, seuls l'Estonien Tiit Vunk et trois Japonais furent meilleurs que moi ici. Ce dernier round individuel mieux réussi qu'espéré me permet de ne pas m'effondrer au classement général individuel de cette première journée, où je figure alors à la 20ème place. Le journée du lendemain comporte un long round qui pourrait me convenir et un round du type « sprint » qui me fait très peur. Mais place en fin d'après-midi à deux épreuves par équipes :


L'équipe suisse


Septième et huitième rounds : épreuves par équipe – 30 minutes chacun.


Sur le premier des deux rounds par équipe, nous devons résoudre des sudokus classiques. Chacun des 4 joueurs de l'équipe a un stylo de couleur et n'a le droit d'écrire que dans la zone correspondant à sa couleur dans la grille. Toutes les 90 secondes, Tom signale par un retentissant « rotate ! » que nous devons passer la grille à notre équipier à gauche, tandis que nous recevons la grille de notre équipier placé à notre droite. Nous avions décidé que Markus, théoriquement le joueur le moins rapide en sudoku classique, se placerait juste après moi, de sorte que je puisse lui communiquer les quelques chiffres que j'avais repéré dans sa zone juste après chaque changement de grille. Cette tactique a plutôt bien fonctionné, nous réussissons à résoudre 3 des 6 grilles proposées. Certes, notre score est loin du score des Allemands qui rendent leur copie plus de 8 minutes avant la fin de l'épreuve.
Le deuxième round par équipe nous confronte à des bandes (lignes et colonnes) contenant des chiffres et que nous devons placer les unes sur les autres dans le bon ordre pour reconstituer un sudoku classique. Là aussi nous avions je pense une bonne tactique, malgré le fait qu'il n'était pas idéal d'être 4 autour d'un tel sudoku et que certains joueurs ne se sont peut-être pas sentis très utiles. Nous résolvons 3 des 4 sudokus proposés mais malheureusement commettons deux erreurs, dont la première est particulièrement stupide : l'oubli d'écrire la première bande placée... Je prends sur moi cette erreur, puisque c'est moi qui étais chargé d'écrire l'ordre des bandes placées. Sorry guys ! Ces deux épreuves étaient plutôt bien conçues et accessibles aux petites équipes en terme de difficulté, ce qui n'est pas le cas chaque année.

Après le repas, la soirée est loin d'être terminée, puisque le programme annonce la finale du GP de sudoku. Vous pouvez lire un compte-rendu détaillé de cette finale sur le blog de Bastien Vial-Jaime, qui y a pris part. Une des sept grilles de la finale était de ma conception, j'avais à coeur de voir en combien de temps les meilleurs joueurs l'avaleraient.

Deuxième journée


Neuvième round : variantes diverses – 90 minutes – 940 points.


C'est le seul round de ce championnat qui dure plus de 45 minutes. 15 variantes et 2 grille classiques composent cette épreuve. Après une nuit où j'ai eu beaucoup de peine à trouver le sommeil, je me sens un peu fatigué, mais je suis bien décidé à gagner quelques places au classement général. J'avais décidé de résoudre les grilles dans l'ordre proposé, sauf le sudoku cylindrique que je n'affectionne pas beaucoup. Au moment de placer le dernier chiffre dans le sudoku anti-knight qui me résista quelque peu, je constate que le chiffre en question ne peut pas y être placé sans contredire la règle de cette variante. Mazette, la journée ne s'annonce pas meilleure qu'hier en ce qui concerne les erreurs. Je laisse la grille telle quelle et je résous les grilles suivantes. Je résous alors toutes les grilles, sauf le sudoku cylindrique, le « eliminate sudoku » à 90 points qui parait ardu à première vue, et les deux classiques. Mais ma vitesse n'est pas optimale et il reste peu de temps. Je décide de me lancer dans le « eliminate sudoku », une nouvelle variante, dans les quelques minutes qu'il reste. La grille résiste, et quand je constate que je ne pourrai pas la résoudre, je me décide à faire une hypothèse... suivie d'une deuxième hypothèse... Je termine la résolution sans constater d'erreur dans la grille. Gros coup de bol ? Et non, la grille s'avérera fausse et ne me rapportera pas de points.

Bilan : 660 points – 64% du score de Dai Tantan (1020 points). Encore une épreuve sur laquelle je suis en-dessous de mes capacités. Ayant 3 des grilles valant le plus de points (anti-knight, eliminate et cylindrique) et les deux classiques non-résolues, je marque moins de points que mes adversaires directs.

Dixième round : Overlapping scattered sudoku – 20 minutes – 100 points.


Deux grilles imbriquées l'une dans l'autre composent ce round. J'avais résolu quelques grilles de ce type du même auteur durant ma semaine de préparation avant le championnat. Avec à chaque fois ou presque un temps supérieur aux 20 minutes ou une résolution entachée d'erreurs. Dès lors, j’espère que la grille du championnat est plus facile, mais je sais pertinemment que je serai loin du niveau des meilleurs sur une telle épreuve. Mon but est donc de marquer les 100 points de la grille, sans me soucier du temps de résolution des meilleurs. En effet, la grille du championnat s'avère assez facile puisque les meilleurs joueurs en eurent terminé en moins de 7 minutes. Dès ce moment, il est devenu plus difficile de se concentrer en voyant les organisateurs courir de table en table pour récupérer les feuilles des joueurs qui en avaient terminé. J'essaie le plus possible de rester calme et d'éviter les erreurs. Je rends ma copie après plus de 16 minutes.

Bilan : 130 points – 56% du score de Bastien Vial-Jaime, Jin Ce et Klára Vytisková (230 points). Les organisateurs ont eu le bon goût de donner peu de points à cette épreuve et assez de temps pour que la majorité des joueurs soient capables de résoudre la grille. En effet, 92 joueurs ont marqué au moins 100 points. Dans l'idéal, j'aurais certainement pu résoudre la grille en économisant 3-4 minutes de plus, mais c'était ma tactique d'y aller très tranquillement dans le but d'éviter les erreurs. J'ai donc limité les dégâts, comme prévu. Il reste à ce moment-là encore une épreuve par équipe avant les playoffs qui auront lieu durant l'après-midi.

Onzième round : épreuve par équipe – 45 minutes.


Nous devons résoudre 5 variantes de difficulté très élevée dans ce round. Les chiffres de certaines cases correspondent d'une grille à l'autre, ce qui devrait nous aider à résoudre les grilles, même si les organisateurs précisent que chacune des grilles peut être résolue sans l'aide des correspondances. Nous nous répartissons les grilles selon les qualités de chaque joueur. Je prends le sum skyscrapers, mais je me rends vite compte que la difficulté est énorme et que je vais avoir beaucoup de peine à le résoudre. Je me replie alors sur le musketry sudoku, qu'aucun joueur de l'équipe n'affectionne visiblement. Je parviens à avancer dans la grille, nous trouvons quelques indices dans les cases liées d'une grille à l'autre. Malheureusement, le risque sur ce genre d'épreuve est qu'une erreur peut se propager sur toutes les grilles. Nous faisons face à des erreurs dans au moins 2 grilles. Nous parvenons tout de même à résoudre le musketry sudoku, mais ce sera notre seule grille résolue.

L'après-midi nous réserve des playoffs très intéressants. Le système mis en œuvre par les organisateurs cette année a l'air très bien conçu et pourrait servir de modèle pour les années suivantes. Vous pouvez lire un compte-rendu de ces playoffs sur le blog de Bastien Vial-Jaime.

Bilan personnel :

Je termine ces championnats au 24ème rang, soit 2 rangs de plus que l'année dernière. Au-delà du classement, c'est encore une fois ma performance qui ne m'a pas convaincu, d’où le titre de mon message. Ma force sur les tournois en ligne est de faire très peu d'erreurs. Certes, il est normal de commettre plus d'erreurs sur un tournoi qui dure 2 jours que sur les tournois en ligne, mais cette fois encore j'ai l'impression que cette force sur les tournois en ligne se transforme en faiblesse aux championnats du monde. J'avais réussi un bon championnat d'Allemagne au mois de mai, et je pense que ma préparation à ces championnats ne fut pas loin d'être optimale. J'espérais donc un meilleur résultat que celui-ci. Ajoutez à cela le fait de passer très près de la finale du GP pour la deuxième année consécutive, quelques soucis concernant les droits de reproduction de mes grilles ; Ces championnats concluent une année minée par quelques (petites) déceptions. Je ne vais certes pas m'arrêter de jouer au sudoku. Je vais peut-être me concentrer sur les tournois en ligne l'an prochain, et attendre moins des championnats du monde. Je relativise tout de même en me disant que terminer au 15ème (à peu près la place que j'espérais) ou au 24ème rang ne fait pas une différence énorme.


A peu près tous les joueurs

Je vais terminer en félicitant les organisateurs de ce championnat. De la conception des grilles jusqu'à la conception du tournoi lui-même en passant par l'organisation globale de l'événement, presque tout a été parfait. Quand on a une petite idée de la somme de travail que représente la préparation d'un tel événement, on ne peut que féliciter chaleureusement toutes les personnes qui ont œuvré pour que tout se déroule de manière optimale.
En ce qui concerne les grilles proposées, j'ai une seule critique mineure à faire: il manquait des sudokus classiques de difficulté plus élevée. En effet, tous les sudokus classiques présentés étaient faciles. Quelques grilles nécessitant un peu plus de réflexion auraient été les bienvenues et si la variété des grilles proposées était très intéressante malgré le peu d'innovations, je pense qu'un championnat du monde doit aussi contenir des sudokus classiques de difficulté variée. Ceci dit, je préfère nettement des grilles faciles à des grilles nécessitant des hypothèses pour être résolues (qui, elles, n'ont pas leur place en compétition à mon humble avis), et ce n'est pas la présence de sudoku classique de difficulté plus élevée qui m'aurait permis de faire un meilleur résultat. Si je me permets de faire cette petite critique, je souligne encore une fois que les sudokus étaient d'excellente facture. L'édition 2014 des championnats du monde pourra je l'espère servir d'exemple pour les éditions futures.

jeudi 10 juillet 2014

Some thoughts about the sudoku GP 2014

The last tournament of the Sudoku Grand Prix 2014 just ended. I took a satisfying 8th rank in this tournament, which allows me to reach the 15th rank overall. My decision to be an author of a tournament probably cost me a place in the final, to be held in London during the world championship. I took this decision before knowing the major changes of this second edition of the GP - the first edition contained 8 tournaments and only the 6 best results were recorded for the final ranking, this year's ranking is based on 6 best results of 7 tournaments, which leaves no room for error to authors.

I would like to give my views on the changes made to this second edition of the GP:
  • New website: this is the most important change. The GP has now its own website, which is very positive. Last year, the GP was in fact a patchwork of tournaments, for the most part already existing (national qualifying,...). This year, the tournaments had the only purpose to serve the GP.
    The website was set up by Karel Tesar (webmaster of Sudokucup) in a short time, we can thank him for his great commitment, he put his skills for the GP. The website is still perfectible, some minor technical problems occurred during some tournaments, but it works well overall. Of course, it's still far from the reference website in this field: logicmastersindia, which has been developped during several years. The establishment of the website has meant that GP organizers have introduced stricter criteria for tournament's authors. Let's talk about these criteria:
  • Tournaments duration: Although all durations are possible and feasible, the most common duration for online tournaments is 120 minutes. The majority of GP tournaments last year had this duration (or even 150 minutes). So it was a surprise to see that the organizers decided to reduce this duration to 90 minutes. I don't think it was a bad decision, since these tournaments added to others, densify the agenda and it's not rare to see 2 or 3 online tournaments during some weekends.
  • Difficulty: The goal for each tournament was that the best player should be able to submit all puzzles in around 60 minutes. This goal was reached in sudoku tournaments (the time of the winner was always between 49 and 66 minutes), sometimes more on the easy side. - Note that this goal was completely missed in the puzzle tournaments: several tournaments saw no player able to solve all puzzles in the allotted 90 minutes. - I think the decision is not bad. Maybe I would have preferred 70-75 minutes as target time, which would have the effect that players lose less time if they submitted all puzzles with a mistake. But I quite like the idea that the best players have to solve all puzzles, provided that these ones can be solved logically (I will return to this point later).
  • Classic oriented: One of the changes this year was the decision to have tournaments with more classic sudokus that online tournaments usually contain. "At least 40% of classic sudoku" were requested from authors. I saw in this decision solely the goal to make the GP more popular, and I'm not sure that simply adding classic sudokus make the tournaments more popular. But I would like to weight this opinion taking into account that on the other side I enjoyed seeing a good amount of classic puzzles on the puzzle competition and it certainly gave me the skinny motivation to participate in all puzzle tournaments. Ideally I wouldn't be against this rule, but I saw two problems there before the start of the competition:
    • Although I don't want to expand on this subject, the presence of classic sudoku in online tournaments will pair with cheaters. I had to downgrade 2 players in my tournament. No comment...
    • Most authors don't like to create classic Sudoku. Having gained a lot of experience in creating sudoku, I consider that create interesting classic sudoku is the most difficult thing to do. Create a set of 5-6 varied classic sudoku, each with different difficulty and resolution path is not easy. In some tournaments, I think 2 or 3 classic sudoku would have sufficed, the 5-6 presented sudokus not having an uncommon interest and / or all sudokus being too similar, not making the resolution of these sudokus so exciting. Obviously, there are exceptions. Japanese classic sudoku (I think created by the master Tetsuya Nishio) were absolutely beautiful. I also liked the classic sudokus' theme of the serbian tournament.
    My goal here is not to give good or bad points, but since I'm talking about classic sudoku, I can't help but talk about horrible classic sudokus of the first round. Several sudokus required assumptions to be solved, which shocked me. These sudokus have in my opinion nothing to do in a competition, the only effect is to increase the luck factor and to disadvantage players who have the misfortune of trying to find a logical way to solve them. The world upside down for a discipline based on logic! To clarify my point of view: there is nothing wrong and no prohibition to make an assumption to solve a sudoku. Some situations lead players to think they will do a better result if they make an assumption. I always prefer to solve sudokus logically, but it happens to me too from time to time, in competition, to make an assumption when I feel that the puzzle escapes me. On some variants, to make assumptions is not always very useful and can be more difficult to manage because one doesn't always know if he can quickly determine whether the placed digit is right or wrong. The "problem" with the classic sudoku is that it is a chaotic system: if you change / add / remove only one digit of a sudoku, the difficulty can completely change. Thus, a (right) number randomly placed in a very difficult sudoku can make it totally trivial. Luck can change a very difficult sudoku into a very easy problem to solve. My opinion is unequivocal on this point: Even though one knows as an author that a fraction of the players will make an assumption on a very hard classic sudoku, we must always leave the door open to players mastering the techniques and seeking to solve the puzzle logically, even if they know they'll lose a few handfuls of seconds compared to a player who is lucky with an assumption. I was very surprised that the authors of the first tournament and the competition director let such sudokus and I strongly hope not to see such sudokus at the next world championships in London.
  • Overall Ranking: The overall ranking, in addition to take into account six tournaments of 7 (5 of 6 in the puzzle competition) against 6 of 8 in the first edition did not include the ranking of players in each tournament, but the performance (number of points) for each tournament, which is a progress. Formula, taking into account only the ratio between the number of points of a player and the number of points of the tournament winner can certainly be improved. Since 6 of the 7 tournaments are taken into account in the overall ranking, it is necessary that the performance of each tournament can be compared. Taking as reference only the performance of the winner is a little weak, but I think this formula will be improved in the future.
Conclusion: I think most of the changes went to the right direction. The small downside, for me, is that every tournament had a bit the same "flavor", there was no real surprise. But it certainly is the price to pay if we want to compare the performances on several tournaments. The number of "puzzlish" sudoku (including star battle sudoku in 2 tournaments, triomino sudoku) was restrained, which is also positive.

Personal result: I think the tournament that I organized was globally appreciated. I didn't hear about disgruntled players or negative points about the sudokus that I created. That was my main goal. After learning that only 6 of the 7 tournaments would be taken into account in the overall standings, my first thought was that I would not be able to reach the top10 meaning a place in the final in London. Also, I completely messed up the first tournament, with a loss of substantial time on 2 classic sudokus that I have not been able to solve in a logical way. Therefore, my goal was to do good performance in each of the remaining tournaments without much worry about the overall ranking. This was the case with a 7th rank in the Serbian round, an 8th rank in the Indian round and the 11th, 12th and 16th place on the other 3 rounds. These are positive results that allow me to reach the 15th rank worldwide, and I firmly believe that a place in the top 10 would have been possible if I could have played all tournaments (I would have needed 71.3 points in a seventh tournament, knowing that my average points on 6 tournaments in which I participated was 75.9).
I also participated in puzzle tournaments without great passion it must be said, and my 81st rank satisfy me.

The finals will take place in London in August, on the sidelines of the World Championships, and will, without a doubt, be exciting to see.

vendredi 30 mai 2014

Qualification suisse pour les championnats du monde de sudoku 2014 - Résultats

12 joueurs suisses ont pris part au tournoi qualificatif pour les championnats du monde. Les trois meilleurs joueurs sont:

1. Christof Bruetsch 624 pts
2. Paolo Grandi 523 pts
3. Markus Roth 480 pts

J'espère que ces trois joueurs pourront venir à Londres cet été pour compléter l'équipe suisse de sudoku.
Le tournoi était également ouvert aux joueurs internationaux. 91 joueurs ont pris part à cette compétition, malgré l'abondance de tournois ce weekend. Le podium international se compose ainsi:

1. Seungjae Kwak 1000 pts 01:01:22
2. Kuba Ondrousek 1000 pts 01:01:30
3. Kota Morinishi 1000 pts 01:10:22

Les résultats complets peuvent être consultés ICI.

Dans une semaine se déroulera le tournoi qualificatif pour les championnats du monde de puzzle (WPC), également sur le portail Allemand Logic Masters.

mardi 20 mai 2014

Qualification suisse pour les championnats du monde de sudoku 2014

Ce weekend se déroulera sur le site allemand Logic Masters Deutschland le tournoi de qualification suisse pour les championnats du monde 2014. Le tournoi est constitué de 4 sudokus classiques et 9 variantes, qu'il faudra essayer de résoudre en moins de 2 heures.
Le tournoi est ouvert du vendredi midi jusqu'au lundi soir minuit. Il est ouvert aux joueurs suisses, évidemment, mais également aux joueurs du monde entier. Peut-être une première occasion de se frotter au gratin mondial de la discipline !

Détails:
  • Date: du vendredi 23 mai à 12h00 au lundi 26 mai à 23h59 (pensez à commencer le tournoi avant 22h pour avoir les 2h à disposition),
  • Durée du tournoi: 120 minutes,
  • Types de grilles: 4 classiques et 9 variantes,
  • La page du tournoi. Si vous n'êtes pas encore enregistré, une petite visite par cette page s'impose.
  • Le livret d'instructions.


J'espère voir beaucoup de participants à ce tournoi et que vous prendrez beaucoup de plaisir à résoudre les sudokus que j'ai créés. Bonne chance à tous !

mardi 5 novembre 2013

Championnat du monde de sudoku 2013 - Beijing - Dernier chapitre

Premier chapitre
Deuxième chapitre

2ème journée


Pour les joueurs non qualifiés pour les playoffs, la compétition se terminera après 3 derniers rounds à joueur dans la matinée. Même si la journée est plus courte qu'hier, le classement peut encore être substantiellement modifié avec les 930 points en jeu. Nous entrons directement dans le vif du sujet avec une longue épreuve :

Neuvième round – Close relative sudoku – 88 minutes – 600 points


Ce round est construit à partir de 8 variantes communes (sudoku diagonal, irrégulier, impair, consécutif, outside, skyscrapers, anti-knight et renban). Les 8 autres sudokus étant des variations correspondant à chacune des grilles précitées (par exemple, le sudoku antidiagonal est le pendant du sudoku diagonal). Une des particularités de ce round est de contenir la variante la plus chère du tournoi : 66 points pour le 6-cell outside sudoku. Une grille risquée que j'avais préparée en en créant moi-même une version très difficile – qui se trouve ici – et dont je n'excluais pas de tenter la résolution.
Comme d'habitude, dès le début du round, je prends les grilles dans l'ordre et laisse tomber celles que j'aime le moins. Je résous ainsi le sudoku diagonal, puis antidiagonal. Ces deux grilles ne sont pas trop dures et constituent un bon échauffement. Étant toujours aussi peu confiant sur les irréguliers, je passe les deux grilles suivantes (le halved squares sudoku étant une des variantes que j'aime le moins, autant dire qu'il y a très peu de chance que j'y jette ne serait-ce qu'un coup d’œil avant la fin du round). Je résous le sudoku impair, jette un petit regard sur le odd-even consecutive qui n'a pas l'air complètement évident ; ce sera pour plus tard. Étant également lent sur les sudokus consécutifs, je passe aussi celui-là, puis je m'attaque au X-Difference que je résous, puis le outside dans la foulée. Vient alors le fameux 6-cell, je commence la résolution, à certains moments laborieuse, mais j'avance tout de même. Vers le milieu de la résolution, je reste bloqué pendant 2-3 minutes. Je décide de ne pas m'acharner même si j'ai déjà passé au moins une dizaine de minutes sur cette grille (erreur que j'avais payée lourdement sur un sudoku rossini il y a deux ans), et je m'attaque au skyscrapers, puis, dans la foulée l'antiknight ne me pose pas de problème. Je peine quelque peu sur le renban à 50 points, d'aucuns ne le trouvèrent « pas si difficile ». Ensuite je reviens sur le 6-cell. Je repère tout de suite un endroit où la grille peut se débloquer et place un chiffre. A force de travail, la grille finit par tomber... Je fais très attention à ne pas faire d'erreur en fin de grille, et à ne pas laisser de cases vides. Une fois fait, il reste encore un peu de temps ; je résous le odd-even consecutive, puis je m'attaque au sudoku irrégulier (je me rendrai compte bien après que j'ai carrément oublié de regarder la dernière page qui contenait un outside consecutive sudoku qui aurait peut-être pu me convenir). La grille bien dégrossie, je constate une erreur. Je passe quelques secondes à essayer de la corriger, mais rien n'y fait. Je décide alors d'entamer le sudoku consécutif, mais il résiste. Après hésitation, je reviens sur le sudoku irrégulier, j'efface quelques chiffres dans l'espoir que l'erreur disparaisse, mais rien n'y fait l'erreur est toujours là. Je me remets sur le sudoku consécutif, je remplis environ un tiers de la grille... mais il est trop tard, c'est la fin du round. Hésitation coupable, j'aurais du effacer l'irrégulière entièrement pour avoir une chance de la compléter, et ne pas tergiverser entre deux grilles.

Bilan : 367 points (74% du score de Jan Mrozowski : 493 points). Malgré cette hésitation en fin de round et le fait que je ne sois pas certain que le choix le plus rentable était de s'attaquer au 6-cell outside sudoku (je n'ai pas regardé combien de temps il m'a fallu pour résoudre la grille, mais j'imagine que je ne m'en suis pas tiré en dessous de 20 minutes), je me sens plus dans le coup que la veille. Certains de mes adversaires ont peut-être perdu des plumes sur ce round, notamment à cause du 6-cell outside sudoku (lire le compte-rendu de Tawan, joueur Thaïlandais).

Dixième round – The great wall – 15 minutes – 100 points


Après le 2ème long round du tournoi, nous sommes confrontés au 2ème round de courte durée. Le risque de ne pas obtenir de point est à prendre en compte et une seule erreur peut mener à ce résultat – tout comme lors du 3ème round, 2 des 10 meilleurs joueurs du tournoi n'obtiendront pas de point ici. Vigilance et concentration ne seront pas de trop ! La différence avec le round 3 se situe dans le type de grille à résoudre : il s'agit bien ici de sudoku. 5 grilles partageant une ou deux régions avec sa (ses) voisine ont été confectionnées. Il s'agit de trouver le point de départ – pas sûr qu'on puisse résoudre ce problème en commençant par n'importe quelle grille. Chaque grille résolue rapporte 20 points dans l'escarcelle.
Je ne pars pas complètement confiant au vu de ma performance moyenne sur les épreuves classiques de la veille. En effet, hormis le fait qu'il faut bien gérer les interactions entre les grilles, cette épreuve est apparentée au sudoku classique.
L'épreuve débute. Je place quelques chiffres dans la première grille à gauche, puis la deuxième. Même s'il est certainement possible d'avancer encore plus sur ces deux grilles, je n'ai pas l'impression qu'elles se résolvent facilement, donc je progresse de plus en plus vers la droite. C'est bien en commençant à droite que le problème semble pouvoir être résolu plus facilement ! La première grille tombe, puis la deuxième, j'entame la troisième, en interaction avec la quatrième. La région commune entre les deux me pose quelques problèmes, je perds quelques minutes à débloquer la situation. Une fois fait, il me manquera environ 30 secondes pour terminer la troisième grille.

Bilan : 40 points (Tiit Vunk sera une nouvelle fois le plus rapide, obtenant 140 points sur cette épreuve). 8 joueurs ayant complété la grille, cette épreuve était bien dosée, la difficulté du problème parfaitement adaptée. Petit manque de vitesse de ma part. Mon score n'est pas énorme mais seuls 17 joueurs marqueront plus de points que moi. La transition difficile de la 2ème à la 3ème grille était un passage clé. Je n'étais pas loin d'en venir à bout. Aucun regret sur cette épreuve.

Onzième et dernier round – The Lucky Number 8 – 35 minutes – 230 points


Dernière chance de grappiller des points et quelques places au classement, cette épreuve est entièrement construite sur le thème du chiffre 8 (thème récurant dans ce tournoi, étant donné qu'il s'agissait des 8èmes championnats du monde). Outre les classic 8, answer 8, distance to 8, with 8, 8 by 4 et 4 by 2 pour lesquels le thème est limpide rien qu'à la lecture des règles, le round comporte un little killer et un big neighbor qui seront eux aussi construits avec le chiffre 8 – le little killer ne comportera que des sommes dont le dernier chiffre est un 8 et le big neighbor forme un dessin représentant un 8. Belle épreuve pour conclure ces championnats !
La règle du distance to 8 sudoku ne m'inspire guère. Cette grille valant 50 points, je décide que je la laisserai tomber dans un premier temps, tout comme le big neighbor qui aurait demandé un peu plus d’entraînement afin que les réflexes soient suffisants pour être rapide. Je résous toutes les autres grilles en finissant par le classic 8 à 12 points, il me reste une minute, j'en profite pour vérifier si toutes les cases sont remplies dans les sudokus que j'ai résolus.

Bilan : 154 points (85% du score des 6 meilleurs joueurs de ce round : 180 points). Cette épreuve ressemblait à l'épreuve 5 et son résultat est similaire : dans le temps imparti, les meilleurs joueurs ont résolu toutes les grilles sauf la plus dure. Au vu des scores, il s'agit de mon meilleur round. Je n'ai pas fait d'erreur en cours de résolution et pas d'étourderie en fin de grille.

Playoffs


Cette année, les organisateurs ont opté pour des playoffs en deux temps : une demi-finale réunissant les 10 meilleurs joueurs des tours préliminaires sur le modèle des championnats du monde hongrois de 2011 et une finale opposant les deux premiers de la demi-finale sur le modèle des championnats du monde croate de 2012. Le tout filmé et retransmis en direct sur une chaîne chinoise.
Le suspense quant à l'issue de la demi-finale ne semblait concerner que la deuxième place, tant l'avance acquise par l'Estonien Tiit Vunk sur ses adversaires après les tours préliminaires était grande. Il put en effet commencer à résoudre les 9 grilles de la demi-finale plus de 5 minutes avant son dauphin, le Français Bastien Vial-Jaime. Le jeu des chaises musicales aboutit pourtant à une énorme surprise, les deux meilleurs joueurs des tours préliminaires butant sur le deuxième sudoku, un killer. Ils furent tous deux éliminés après la troisième grille, en compagnie de Jan Novotny, 10ème avant les playoffs. Le combat acharné opposant dès lors les 7 joueurs restant fut à couteaux tirés. Jan Mrozowski, qui était méconnaissable par rapport à sa piètre performance de la veille lors de la finale du GP semblait prendre l'avantage, mais une sérieuse erreur sur le star product sudoku lui ôta tous ses rêves de podium. Le joueur qui s'en tira le mieux fut le Japonais Kota Morinishi, déjà vainqueur de la finale du GP la veille. Il en termina avant tous ses adversaires et le surprenant Chinois de 16 ans Jin Ce décrocha la deuxième place de finaliste. Jakub Ondrousek, heureusement pas trop handicapé par ses béquilles dans les moments où il fallait changer de table pour résoudre la grille suivante, compléta le podium.


La finale

La finale suivit sans tarder, les deux joueurs étant amenés à résoudre chaque grille avec un marker sur un tableau, de sorte que le public puisse apprécier la progression de chaque joueur. Chaque joueur ayant remporté 2 grilles, la cinquième fut déterminante. Il s'agissait d'un sudoku classique (le troisième de la finale, chaque joueur en ayant remporté un auparavant), et Jin Ce rendit sa copie à peine quelques secondes avant Kota, qui dut se contenter, pour la troisième année consécutive, de la 2ème place !

Bilan personnel :

Je termine ces championnats du monde de sudoku à la 22ème place. Mon objectif de terminer dans le top 20 n'est pas atteint, je perds une place par rapport à l'an dernier. Ma deuxième journée vient toutefois tempérer la mauvaise performance des 5 premiers rounds. A la lecture du livret d'instructions, ces championnats auraient dû mieux me convenir que la précédente édition. Je fais quasiment le même résultat (je termine à un seul point de mon ami Français Sylvain Caudmont), mais j'estime avoir plus mal joué cette année. Ceci dit, il me manque seulement 13 points pour atteindre mon objectif et terminer dans le top 20, je remettrai le couvert l'an prochain.
Les Chinois sont à féliciter pour la qualité de l'organisation des ces championnats du monde. Je publierai encore un message d'ici quelques jours (en Anglais probablement) concernant les points forts et les points faibles de ces championnats, en comparaison des 2 autres championnats auxquels j'ai pu participer (2011 et 2012).
Le bilan de l'équipe suisse est en demi-teinte. Certes nous parvenons depuis 2011 à former une équipe complète de 4 joueurs, et pouvons ainsi être classés officiellement, ce qui est déjà une réussite étant donné que nous n'avons pas de sponsor. Nous nous classons 20ème, devant les équipes grecque, russe et hongroise. La tenue d'un tournoi qualificatif en ligne n'a pas apporté beaucoup de résultats : quelques nouveaux joueurs apparaissent, mais peu semblent assez motivés pour s’entraîner et participer aux différents tournois en ligne existants en vue de pouvoir viser par exemple le top 50 mondial.

Le classement complet


Ne participant pas au WPC cette année, je n'avais plus qu'une soirée à passer avec mes amis. Mon collègue de chambre étant muni d'une bouteille de tequila, nous avons formé un clan séparatiste avec quelques Indiens et Français, n'assistant même pas à la cérémonie de clôture. Plus tard dans la soirée, je partageai encore quelques verres de vodka avec mes amis Polonais.


avec Rohan, Bastien, IronRishi et Sylvain


Lecture recommandée: 3 articles sur le blog de Bastien Vial-Jaime, meilleur joueur Français.
Partie 1
Partie 2
Partie 3